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Maia Morel : Université de Sherbrooke
Au Québec, des transformations importantes visant les compétences professionnelles de l’enseignant visent, entre autres, les enjeux d’intégration, d’inclusion et de cohésion sociale. Un cadre normatif révisé (MÉ 2020) exige, par « infusion » dans les compétences à développer, une formation plus appuyée dans ce sens. Il s’agit notamment de la prise en compte « de l’hétérogénéité des élèves qui repose sur le respect de la diversité » (p. 62) afin de donner « une réponse tangible aux réalités plurielles et culturelles de la société et de l’école » (p. 81). Dans ce contexte nous nous sommes proposé d’étudier les liens qui existent entre l’art et les questions socialement vives (QSV), avec comme objectif de sensibiliser le futur enseignant aux problématiques du vivre-ensemble. Notre étude repose sur la théorie des représentations sociales (Jodelet 2011, Moscovici 1993) permettant aux groupes sociaux d’agir et interagir avec les autres (Negura 2017). Nous l'avons intégrée à la pensée créative (Lipman 2003) et au concept d’éducation par l’approche sensible (Kerlan et Langar 2015, Lemonchois 2017). La recherche a été menée dans un contexte de formation enseignante en lien avec la diversité humaine et le vivre-ensemble. Étude exploratoire de type qualitatif (Savoie-Zajc 2011), cette recherche témoigne de l’influence que peut avoir un processus de réflexion autour de l’art actuel dans l’évolution des représentations initiales des participants à l’égard des questions abordées.
Dans sa dimension théorique, cette proposition s’appuie sur la recherche actuelle, qui met en évidence l’engagement social de l’art (Cauquelin, 2018; Fourmentraux, 2012; Lamoureux et Uhl, 2018; Zask, 2014). Par cette connexion avec les enjeux sociétaux, les arts représentent un terrain privilégié pour l’éducation (Kerlan et Langar, 2015; O’Farrell et Kukkonen, 2017), favorisant le développement d’une panoplie d’« éducations » : à la citoyenneté, à l’antiracisme, à l’inclusion, à la démocratie, à l’environnement, etc. Cette dynamique d’arrimage de l’enseignement artistique au nouveau paradigme de l’art a fait l’objet de la première édition de ce colloque (2019), offrant un espace de convergence entre divers acteurs œuvrant dans le domaine de l’art et de l’éducation. Dans la continuité de ces travaux, qui ont dressé « le fond de scène » de la problématique, nous nous proposons d’approfondir au cours d’un nouveau colloque en 2021 la réflexion sur des sujets touchant, grâce à l’expression artistique, à diverses questions socialement vives (QSV). Celles-ci visent des sujets d’actualité qui suscitent des controverses, attisent des émotions, mettent en concurrence des représentations et des intérêts divergents, interrogent les systèmes de valeurs (Audigier, 2007; Legardez et Simonneaux, 2006), sujets qui interpellent inévitablement l’artiste contemporain et qui finissent par remettre en question les pratiques des acteurs scolaires. Afin de proposer les meilleures pistes susceptibles de soutenir l’enseignement artistique dans une formule actualisée, nous nous penchons, d’une part, sur l’éducation liée à l’environnement (Ghouati, 2016; Planche, 2018; Ribotti, 2010; Sauvé, 2009; Simonneaux et Simonneaux, 2009), et plus spécifiquement sur la crise du climat; d’autre part, nous abordons la diversité humaine en nous interrogeant sur l’éducation au vivre-ensemble (Estivalèzes, 2016; Larochelle-Audet, Borri-Anadon et Potvin, 2016; Moldoveanu, 2009; Vatz Laaroussi, Tadlaoui et Gélinas, 2013).
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