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Grossesses en exil : représentations du vécu corporel et psychique de mères subsahariennes en France

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Julia De Freitas Girardi : Université de Toulouse

Résumé de la communication

Le moment de la grossesse est marqué par l’interaction entre un vécu psychique et un vécu corporel, où plusieurs changements s’opèrent, et qui constitue la vulnérabilité associée à ce moment. En contexte migratoire la grossesse s’inscrit dans l’histoire subjective et intime de la mère-à-venir, mais aussi dans une histoire collective et culturelle bouleversée par l’expérience de l’exil. En effet, plusieurs difficultés se présentent : la solitude marquée par l’absence de leurs propres mères, et de leur groupe d’appartenance ; la difficulté de mettre en œuvre des pratiques culturelles ; la différence entre les logiques d’origine et celles du pays d’accueil ; le contact avec les instances et les pratiques de soins occidentales. Ces femmes exilées, qui ont un parcours déjà marquée par des expériences pré-migratoires potentiellement traumatiques, se retrouvent en France dans des conditions précaires et dans une situation de quasi-non-droit. Dans ce contexte le corps de la mère enceinte vient témoigner de sa légitimité. En effet, c’est par le biais de cette grossesse que ces mères-à-venir pourront accéder à des droits et avoir une place dans la société d’accueil. Ces circonstances et problématiques aggravent le vécu de ce moment et peuvent perturber, voire mettre en échec, cette grossesse. Dans cette communication, ces propos seront illustrés par des vignettes cliniques issues d’une recherche doctorale avec des mères subsahariennes exilées en France.

Résumé du colloque

Le corps est une notion transversale, reprise par de nombreuses disciplines au sein de différentes épistémologies. Au cœur même de la psychologie, le corps convoque de nombreuses significations ainsi que des représentations singulières et multiples. Que ce soit comme lieu premier de l’identité, comme marqueur culturel, comme objet de revendication ou encore comme voie d’expression de ce qui ne saurait se penser, le corps vient dire quelque chose de l’individu, de son monde interne, de son appartenance socioculturelle. Au-delà de ces différentes mises en sens, le corps est sur le devant de la scène dans nos sociétés contemporaines. Qu’il soit agi ou subi, il semble être le lieu de l’expression de la subjectivité, de l’appartenance familiale et culturelle. Que ce soit un corps investi, un corps objet de violence ou encore un corps en « désa-corps », il reste au cœur des objets d’étude de la psychologie. Cependant, dans un au-delà du lien inéluctable qui unit l’individu à son corps, ce dernier vient aussi et surtout révéler la société dans laquelle il évolue. De nombreuses problématiques contemporaines témoignent de cette dimension sociétale, que ce soit dans sa valence créative ou destructrice. Du corps sexuel au corps médicalisé — ou non — de l’enfantement, en passant par les violences — auto ou hétéroagressives — qui lui sont infligées, du corps porteur de la vie à celui porteur de l’histoire, il vient, en filigrane, nous parler d’un « jamais su », d’un impensé. Ainsi, ce que la psychologie apporte sur cette question, c’est ce regard clinique, cette possibilité de mise en sens, à l’entrecroisée des représentations sociales, culturelles et subjectives, dans la double inscription de l’individu dans sa singularité et dans la société.

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
Discutant-e- de la session : Paola Porcelli
section icon Date : 7 mai 2021

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