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Guider le design vers une approche plus inclusive

ML

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Maxim Lamirande : The Open University

Résumé de la communication

La sollicitude en design connaît plusieurs noms: le design inclusif, participatif, universel, ou par le care. Ils partagent tous un objectif commun de concevoir des espaces et artefacts pour le plus grand nombre d’usagers: autant la majorité que les marginalisés. On retrouve au sein de ces approches une attention aux principes comme la justice, l’équité et l’éthique. Tandis que ces dernières promeuvent le bien-être de tous, leur mise en pratique réussie est complexe, conflictuelle et souvent difficile, même impossible. Afin de mieux fonder l’approche en pratique, on retrouve des propos qui tentent de gouverner le processus de design, tel que “only if relative differences go generally to the advantage of the less able or most disadvantaged” (Bianchin & Heylighen, Just Design, 2018) ou “the production of artefacts and environments usable by anyone irrespective of their bodily status” (Imrie & Luck, Designing Inclusive Environments, 2014). Cette recherche présente et déconstruit ces propositions afin d’en avancer une nouvelle inspirée par le modèle du design innovatif (Valkenburg et al., Open Innovator, 2012) et reconnaissante de la complexité en conception. Le nouveau modèle tente de surmonter les barrières qui empêchent le design inclusif par l’engagement des groupes marginaux et les aspects sociaux de leurs expériences vécues. Le modèle se présente non comme une solution finale, mais un intermédiaire qui facilite l’adhésion ou l’essai d’un design plus inclusif en pratique.

Résumé du colloque

Apparue aux États-Unis dans les années 1980, l’éthique du care est une manière de penser la morale fondée sur le souci des autres (sollicitude) et l’acte de « prendre soin » (Brugère, 2011). Fondée sur un sentiment de responsabilité à l’égard d’autrui et de ses besoins, elle concerne les tâches de soin impliquées dans les diverses formes de vulnérabilité (soin parental, traitement de la dépendance, travail social). Formulant à l’égard de la relation marchande une critique similaire à celle de la théorie du don, l’éthique du care postule qu’il existe une qualité morale dans l’acte d’aider les autres. Un premier rapprochement entre cette logique du care et la logique du design peut être observé dans le travail de Victor et Sylvia Margolin (2001). Inspiré du travail social, le « design social » selon eux vise la satisfaction des besoins des populations vulnérables ou marginalisées, comme celles à faibles revenus ou ayant des besoins particuliers en raison de leur âge, de leur santé ou de leur handicap. Cette approche pose les premières conditions d’un rapprochement entre l’acte de design et l’acte de soin. Ce colloque souhaite explorer le potentiel de cette idée et faire la lumière sur la pertinence de la théorie du care pour les disciplines du design. Peut-on considérer l’éthique du soin comme un modèle général pour le design? Par exemple, peut-on considérer qu’un petit objet électroménager comme Tero, qui transforme les résidus alimentaires des ménages en un fertilisant prêt à l’emploi, est le résultat d’un acte de design qui prend soin de notre environnement? Qu’est-ce que cela signifie de « prendre soin par le design »? Quelles approches théoriques, conceptuelles, méthodologiques et pratiques les enjeux de soin appellent-ils en design? Le design doit-il se limiter à prendre soin? Peut-il soigner ou sauver le monde? Pour Papanek (1971), on sait que le design est l’un des pires maux de la planète. Comment faire la part du soin et des « effets indésirables »?

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Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 7 mai 2021

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