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Idéologies et relations marginalisées : une injustice épistémique aux conséquences socio-politiques

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Alec Aubrey Lanthier : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

Au sein de cette communication, j’argumenterai que les relations interpersonnelles sont régies par un ensemble d’idéologies oppressives comme la cisnormativité et l’hétéronormativité, l’amatonormativité, le colonialisme et la suprématie blanche et occidentale. Ces idéologies restreignent injustement la reconnaissance de certaines relations, comme de nombreuses relations queer, platoniques ou non monogames. En contribuant au discours dominant qui détermine les types de relations devant être reconnus et supportés par l’État, ces idéologies marginalisent ces relations des institutions qui encadrent les relations déjà reconnues par le discours dominant, comme les relations romantiques et monogames entre un homme et une femme cisgenres. Je problématiserai ces enjeux du point de vue de la littérature sur l’injustice épistémique afin de démontrer que les injustices sociopolitiques subies par les personnes au sein de ces relations marginalisées résultent d’une injustice épistémique engendrée par ces idéologies oppressives. J’introduirai l’idée que la formulation de ce problème en termes d’injustice épistémique est nécessaire afin de démontrer que le démantèlement de ces injustices sociopolitiques repose sur le démantèlement de cette injustice épistémique.

Résumé du colloque

Les dernières années se démarquent par une pluralité de discours et de représentations (littéraires, artistiques ou cinématographiques) inédites sur la sexualité des femmes, des minorités sexuelles et de genre, ainsi que sur des pratiques sexuelles et affectives alternatives telles le BDSM et les non-monogamies. On assiste à un certain élargissement du droit à la subjectivité et à l’agentivité sexuelle des groupes opprimés. Au centre des préoccupations sur les sexualités vient le consentement. Le mouvement #metoo a fait émerger plusieurs questions sur la sexualité égalitaire : comment politiser collectivement le consentement dans un contexte individualiste néolibéral? Quelle est la place du désir et du plaisir dans le consentement? Quelles pratiques éducatives, militantes ou culturelles peut-on mettre en place? D’un point de vue féministe, queer, antiraciste et décolonial, comment (re)penser la subversion érotique et les stratégies de résistance face aux impératifs des industries culturelles qui tendent à édulcorer la radicalité politique de certains discours et représentations? Ce colloque constitue un espace d’arrimage interdisciplinaire des savoirs à propos du consentement, du plaisir et du désir en partageant des outils conceptuels souvent ignorés d’une discipline à l’autre, tels que l’injustice épistémique (Fricker, 2007; Dotson, 2018), les scripts sexuels (Simon et Gagnon, 1973) et l’agentivité sexuelle (Lang, 2011; Lavigne et coll., 2019), les affects et la corporéité (Gregg et Seigworth, 2010; Grosz, 1994, 2017; Ahmed, 2017). Les axes suivants seront explorés : 1) Apports épistémologiques, critiques et éthiques : quelles injustices épistémiques reproduisent les théories actuelles? Quelles sont les avenues de (re)politisation des savoirs sur les concepts de consentement, de désir et de plaisir? 2) Apports théoriques : quels arrimages possibles entre les concepts de corporéité ou des affects à la théorie des scripts sexuels ou de l’agentivité sexuelle? et 3) Représentations des corps et des sexualités : Quels contre-scripts observons-nous (au cinéma, dans les séries, les œuvres littéraires, la pornographie, etc.)? Quelles avenues de résistance proposent-ils ou encore à quelles réifications s’adonnent-ils? Quel est le potentiel éducatif et militant de ces représentations?

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 7 mai 2021

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