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Frédérick Bruneault : Cégep André-Laurendeau
Le développement des technologies de l’information et de la communication et l’utilisation de l’intelligence artificielle a modifié le cycle de la conception, de la production, de la transmission, de la réception et de l’archivage de l’information. L’administration de la justice compte parmi les sphères de la vie quotidienne soumises aux pressions exercées par ces innovations. Le décentrement du lieu du procès et les nouvelles modalités de pratique juridique font foi de ces changements importants. Nous proposons donc de réfléchir à ces nouvelles incarnations de la justice, aux promesses et aux limites qu’elles portent, et ce afin de mettre en lumière les implications philosophiques de ces innovations quant à la connaissance et l’essence même de la norme légale. Nous examinerons les nouvelles formes de visibilité et d’invisibilité de la norme légale qu’induisent les technologiques de l’IA dans le monde juridique.
Afin de faire écho au thème du 88e congrès de l’Acfas, intitulé Du jamais su, la Société de philosophie du Québec invite ses membres à réfléchir aux invisibles et aux inaudibles de la philosophie. Bien que la philosophie se veuille une recherche de vérité, une quête de sagesse, on peut se questionner sur ses angles morts. Qu’est-ce qui est mis de côté dans cette quête, et pourquoi? Nous pouvons penser à la philosophie grecque qui s’échafaude sur un rejet de la mythologie afin de fonder un discours rationnel. À la philosophie médiévale, dans la lignée de l’héritage de la tradition chrétienne, qui a, de son côté, contribué à un rejet du corps et du monde ici-bas. À Kant, dans son geste de déconstruction de la métaphysique, qui a séparé ce qu’il était possible de penser de ce qu’il était possible de connaître. Ou plus près de nous, au tournant linguistique qui est venu remettre en question le langage même de la métaphysique en traquant les énoncés mal formés et sans signification réelle.
Chaque époque, chaque courant philosophique semble mettre de côté certains aspects ou certaines expériences afin de délimiter son objet de connaissance et les possibilités de connaître, reléguant ces éléments à l’invisibilité ou à l’inaudibilité. Certains de ces aspects semblent ensuite être « redécouverts » par les courants subséquents, ouvrant ainsi des débats dans l’histoire de la philosophie. S’intéresser aux invisibles et aux inaudibles pourrait se révéler une manière de penser à nouveaux frais l’histoire des débats philosophiques et la formation du canon en philosophie; une manière de réfléchir à ceux et celles qui font l’histoire et du même coup, à ceux et celles qui sont tombé.e.s dans l’oubli, aux voix marginalisées. Qu’est-ce qui se cache dans les marges de la philosophie? Y a-t-il du jamais su?
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