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Intervenir par l’art et avec art : réflexion sur le pouvoir de l’intervention art-thérapeutique

JL

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Josée Leclerc : Université Concordia

Résumé de la communication

Intervenir, c’est prendre part à quelque chose dans l’intention d’agir sur son déroulement. On peut par exemple intervenir en entrant en action dans un conflit ou dans une guerre, avec toutes les questions que cela soulève. On peut aussi intervenir afin de stopper l’évolution d’une maladie ou encore de réduire une difficulté et favoriser le mieux-être d’une personne en thérapie. Intervenir implique donc une action, un agir sur quelque chose ou sur quelqu’un. Pourquoi et pour qui intervenons-nous ? Avons-nous toujours conscience de ce qui nous motive à proposer une intervention à une personne ou à un groupe donné ? Devons-nous instaurer un espace potentiel qui permette à la personne de découvrir par elle-même l’intervention qui lui sera bénéfique ? Comment concevons-nous le rôle de l’art et de la créativité en intervention, qu’il s’agisse d’un cadre clinique ou communautaire ? Comment adaptons-nous nos interventions aux réalités d’aujourd’hui : vulnérabilité des clientèles, problématiques primaires, etc.? Quel est l’apport spécifique de la médiation artistique propre aux thérapies par les arts dans ce contexte, son pouvoir d’objectivation, sa capacité à rendre figurable ? En tenant compte du récent rapport de l’OMS attestant des bienfaits de l’art en santé, que dit la recherche à cet égard ? Ce sont là autant de questions soulevées afin de proposer une réflexion et un échange sur les enjeux éthiques inhérents à l’intervention et sur le pouvoir de l’intervention par l’art.

Résumé du colloque

L’intervention par l’art occupe une place de plus en plus importante dans différents milieux de la société québécoise. Pourtant, malgré sa popularité grandissante et ses bienfaits reconnus scientifiquement, elle demeure une pratique relativement isolée et peu connue par rapport aux types d’interventions plus traditionnels. Or, en raison de sa flexibilité et de son accessibilité, l’intervention par l’art a l’avantage de s’adresser à une clientèle variée et de s’adapter à la réalité de divers milieux. Elle permet ainsi d’atteindre des populations qui peuvent se trouver ou se sentir exclues des canaux d’intervention plus traditionnels.

Toutefois, les pratiques d’intervention qui font appel à des modalités artistiques se situent souvent en marge d’une pratique clinique conventionnelle, à moins qu’elles ne relèvent de professions dont l’expression artistique sous toutes ses formes est l’outil privilégié et officiellement annoncé. Au Québec, il est alors question d’art-thérapie (arts visuels), de musicothérapie, de dramathérapie et, plus récemment, de thérapie par la danse et le mouvement. Dans ces cas précis, la pratique clinique s’appuie sur un rationnel théorique, des données issues de la recherche et une longue tradition de pratiques s’inspirant à la fois du milieu artistique et de celui de l’intervention. Néanmoins, il importe de rappeler que ces disciplines sont en émergence et luttent pour leur reconnaissance.

Dans tous les cas, les connaissances sur les effets de l’intervention par l’art, la compréhension des différentes conditions permettant le déploiement optimal de ces initiatives et les limites de ces approches sont encore à parfaire. D’autres questions méritent aussi que l’on s’y attarde : qu’advient-il lorsque ces initiatives sortent du milieu clinique plus conventionnel pour se déployer dans des milieux alternatifs qui vont à la rencontre de personnes qui ne sont pas servies autrement? Comment adapter une pratique d’abord clinique à un cadre non clinique? Comment se définissent ces pratiques lorsqu’elles ne sont pas menées par des thérapeutes par les arts? Quels objectifs poursuivent-elles?

Comme pour toute discipline en émergence, les initiatives issues du terrain et élaborées de manière plus ou moins intuitive par des intervenants qui, peut-on le présumer, ont d’abord un intérêt personnel pour les arts, ne trouvent pas toujours écho auprès des chercheurs. L’inverse est aussi vrai : les chercheurs qui s’intéressent aux retombées de l’expression artistique sur les populations plus vulnérables doivent faire preuve de créativité pour faire reconnaître la pertinence de leurs sujets de recherche et, parfois même, pour obtenir la collaboration des milieux de pratique. Il est grand temps que ces deux univers se rencontrent, que les idées s’exposent au grand jour et soient mises en lumière à travers le spectre d’une multitude de points de vue : intervenants psychosociaux, thérapeutes par les arts et chercheurs.

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
Discutant-e- de la session : Ingrid Verduyckt Camille D'anjou
section icon Date : 7 mai 2021

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