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Isabel Lanteigne : Université de Moncton
Cette présentation met en lumière la souffrance des femmes en situation de pauvreté à partir de leur expérience de vie selon une perspective féministe. Leurs discours sont tirés de trois recherches qualitatives portant sur la pauvreté des femmes au Nouveau-Brunswick. La situation de pauvreté de ces femmes prend divers visages dans le sens où certaines d’entre elles travaillent au salaire minimum, d’autres sont en congé d’invalidité à long terme, d’autres reçoivent des prestations d’assurance emploi et, enfin, certaines sont prestataires d’assistance sociale. Malgré cette diversité, les rencontres avec ces femmes ont illustré une dimension subjective soit la souffrance qu’entraine la pauvreté au-delà de la privation matérielle. Ainsi, les femmes survivent dans un système qui promeut des idéologies dominantes valorisant, entre autres, le succès et la réussite matérielle (Jo, 2012). Vivre dans ce système, surtout en situation de pauvreté, produit de la honte (Chamberlen, 2017), offre peu d’espoir (Reid et Tom, 2006) et mine le pouvoir des femmes (Novak, 1995). Pour combattre la pauvreté, il importe d’intervenir dans un souci de promotion de la dignité humaine (Gupta, 2015), de reconnaissance et d’actualisation des droits humains et de solidarité auprès des nôtres, ces autres qui comme nous appartiennent à une commune humanité.
Le phénomène de la pauvreté en milieu rural au Québec est à la fois réel et méconnu. Le Collectif de recherche participative sur la pauvreté en milieu rural, issu du module de travail social de l’UQAR, a comme mission « de coproduire des connaissances au carrefour des pratiques sociales, de la ruralité et de la pauvreté en vue de contribuer au mieux-être des personnes et des collectivités rurales, particulièrement en Chaudière-Appalaches, dans le Bas-Saint-Laurent et en Gaspésie−Îles-de-la-Madeleine », et il « s’intéresse aux expertises des personnes en situation de pauvreté, de même qu’aux pratiques sociales tant individuelles, de groupe que collectives, soutenant ainsi les acteurs sociaux concernés, notamment ceux issus de la société civile, du réseau de la santé et des services sociaux, du milieu communautaire, du monde municipal et du secteur de l’éducation » (Gaudreau, Desgagnés, Gélineau et Cormier, 2019). La présente proposition de colloque s’inscrit dans la continuité des travaux du Collectif, avec des projets qui visent à : a) contribuer à l’avancement des connaissances sur la pauvreté et au développement des pratiques sociales en milieu rural; b) contribuer au mieux-être des personnes et des collectivités rurales; c) soutenir les efforts des municipalités rurales dans leur engagement face à la pauvreté; d) reconnaître et documenter les expertises des premier.ère.s concerné.e.s et des praticien.ne.s; et e) théoriser des approches participatives en recherche, sous l’angle des iniquités épistémiques. Les intérêts de recherche sont dirigés vers : les visages et les parcours des personnes touchées par la pauvreté et l’exclusion sociale; les projets, les pratiques et les initiatives visant à améliorer la qualité et les conditions de vie de ces personnes; les acteurs collectifs qui mettent en place ces projets, ces pratiques et ces initiatives, ainsi que la dynamique qui les rassemble; la recherche-action participative et l’enquête conscientisante.
Titre du colloque :