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Françoise Susset : Centre de santé Meraki
Contexte: Les références aux cliniques du genre pour jeunes ont augmenté. Malgré les preuves d'un impact positif sur la santé mentale, des inquiétudes demeurent quant à la pertinence de fournir un traitement pour la dysphorie de genre aux jeunes.
Méthodes: L’étude Jeunes Trans CAN! est une cohorte prospective de jeunes de moins de 16 ans référés à 10 cliniques médicales canadiennes. Les données proviennent des dossiers médicaux, des enquêtes de référence auprès des jeunes et des parents.
Résultats: La plupart des jeunes se sont identifiés comme des hommes (75,8%), un plus petit nombre comme des femmes (15,9%) ou non binaires (8,3%). La plupart des jeunes ont identifié des problématiques associées au genre avant l’âge de 11 ans; 69% n'ont pas été rencontrés pour des traitements médicamenteux avant l'âge de 14 ou 15 ans. La majorité n'a pas de troubles de santé mentale. Les problèmes neurodéveloppementaux sont rares.
Conclusion: Les jeunes passent plusieurs années dans leur parcours de développement du genre avant de se présenter pour des soins médicaux d’affirmation du genre. Les jeunes ne suivent pas une seule voie dans ce voyage. Se présenter à un plus jeune âge pour obtenir des soins liés au genre n'est pas associée à un niveau plus élevé de troubles de santé mentale ou neurodéveloppementale, et les préoccupations liées au genre et la dysphorie de genre ont tendance à être de longue date.
Les jeunes trans et non binaires pourraient représenter jusqu’à 1,8 % de la population des jeunes, sans compter que jusqu’à 2,5 % d’entre elleux pourraient s’interroger sur leur identité de genre (Clark et coll., 2014; Johns et coll., 2017). Les jeunes vivants aux intersections d’identités multiples vivent des enjeux particuliers, comme le fait d’être bisprirituel.le.s, trans et racisé.e.s ou immigrant.e.s, non.binaires et de vivre avec un handicap physique ou neurosensoriel (Lee et coll., 2020; Baril et coll., 2020; Pullen Sansfaçon et coll., 2019).
Les jeunes mineur.e.s vivent toutefois certaines contraintes pouvant complexifier leurs parcours de transition, notamment sur le plan légal, sans compter l’accès difficile aux soins de santé et de services psychosociaux qu’iels requièrent au Québec et dans le reste du Canada (Cotton et coll., 2019; Taylor et coll., 2020). Plusieurs jeunes vivent également des expériences discriminatoires, que ce soit dans leurs familles, leurs écoles, voire au sein des établissements de soins de santé et de services sociaux (Chamberland et coll., 2011; Giblon et Bauer, 2017; Pullen Sansfaçon et coll., 2018). Si la recherche permet de plus en plus de reconnaître les facteurs de vulnérabilisation et de protection des jeunes TNBB, d’importantes lacunes demeurent dans le développement de pratiques de recherche, d’évaluation et d’intervention qui les concernent.
Ce colloque intersectionnel vise à mettre en valeur les connaissances et les expériences qui permettent de comprendre et de concevoir la complexité du vécu des jeunes trans, non binaires et bispirituel.le.s (TNBB) ainsi que des intervenant·e·s qui les soutiennent, tout en portant attention aux différentes sphères de leur vie. Le colloque est divisé en trois blocs de présentations. Chacun cherche à présenter des savoirs empiriques et théoriques, mais aussi pratiques et expérientiels.
Bloc 1 : Enjeux et défis contemporains de la recherche et de l’intervention auprès des jeunes trans, non binaires et bispirituel.le.s.
Bloc 2 : Enjeux relatifs aux différents environnements (ex. : école, famille, communauté) desquels les jeunes trans, non binaires et bispirituel.le.s font partie.
Bloc 3 : Accès et qualité des soins et des services désignés pour les jeunes trans, non binaires et bispirituel.le.s.
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