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Jugements moraux et injustice épistémique dans la recherche en santé mentale

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Jacques Quintin : Université de Sherbrooke

Résumé de la communication

La recherche en santé mentale n’est pas à l’abri d’injustices épistémiques dans la mesure où la formulation d’hypothèses et la construction d’arguments peuvent se fonder sur un discrédit épistémologique de la narration des sujets interrogés. Ce qui est exprimé par les participants à la recherche est jugé comme étant insignifiant et sans valeur. Autant le chercheur que le participant à la recherche deviennent victimes de points aveugles. Pour surmonter cette difficulté, je propose une démarche herméneutique qui consiste à rendre explicite nos présupposés afin de mieux écouter et entendre ce qui s’exprime chez les participants à la recherche. Dans un premier temps, j’exposerai le concept d’injustice épistémique à partir principalement des travaux de Miranda Fricker. Ensuite, je démontrerai son implication éthique dans la recherche en santé mentale à l’aide d’un exemple. Finalement, je m’appuierai sur la pensée de Paul Ricoeur et de Hans-Georg Gadamer pour démontrer que nous avons besoin d’autrui pour connaître nos présupposés et pour limiter nos jugements moraux négatifs. Cela nous engagera dans une autre conception de la vérité.

Résumé du colloque

Omniprésente en éthique, la question « Comment faire pour bien faire? » n’épargne pas les éthiciens mêmes qui pratiquent dans différents milieux tels que les établissements de la santé. Au contraire. Leur posture au sein des organisations implique qu’ils composent avec des situations mettant régulièrement en tension leur mandat d’analyse et de recommandations envers l’organisation. De plus, au sein des organisations, les instances éthiques ont évolué. D’abord inspirées par la bioéthique et l’éthique clinique, les demandes d’interventions en éthique dans les différents milieux de soins se font également teinter, depuis les dernières années, par une dimension organisationnelle. Ainsi, bien que la façon de conceptualiser et de développer l’éthique organisationnelle dans les secteurs privé et public jouisse d’une littérature scientifique assez riche, le domaine de la santé et des services sociaux semble en carence par rapport à ce sujet. Une réflexion particulière, soutenue par la recherche explorant le domaine de l’éthique organisationnelle en santé et services sociaux, s’impose. Rassemblant plusieurs chercheurs de différents horizons, ce colloque propose de présenter différents volets liés à l’éthique organisationnelle dans le contexte des établissements de la santé à travers différentes questions de recherche. Comment jongler dans le va-et-vient entre son rôle d’éthicien et son rôle de chercheur? Comment s’y prendre pour bien faire et bien comprendre son organisation, afin d’apporter un soutien et d’intervenir d’une manière appropriée et adaptée aux besoins? Comment intervenir pour faire vivre l’éthique au quotidien dans des contextes de diversité de missions porteuses d’une multitude de valeurs, menant inévitablement à des malaises, conflits de valeurs, incohérences, etc.? Cette démarche propose une réflexion utile pour tous les acteurs impliqués dans les terrains de recherches complexes et les recherches liées aux changements de culture et aux communautés apprenantes.

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 7 mai 2021

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