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La gravité et la frivolité comme fil conducteur de « sur des vers de Virgile »

MB

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Marc-Antoine Beauséjour : Cégep de Sainte-Foy

Résumé de la communication

Au début de « Sur des vers de Virgile », Montaigne excuse la frivolité de son sujet par le fait qu’il sied, à son âge, de s’éloigner des sujets « gravent et qui grèvent ». À un esprit alourdi d’un corps pesant convient la folie modérée. Ainsi commence-t-il plaisamment son essai : la maîtrise de soi demande que l’on se méfie de l’excès de sagesse, la prudence recommande que l’on évite que l’on s’« aggrave de prudence ». Toutefois, les réflexions sur les discours et les conduites relatifs à la passion amoureuse n’esquivent pas ces sujets « onéreux » que sont le vice et la mort, jusqu’au dédain pour l’existence humaine que trahirait le rapport honteux à la sexualité. En prenant le fil conducteur de la gravité et de la frivolité, nous pouvons voir une unité dans cet essai qui a la réputation d’être éclaté. On y voit l’élaboration d’une réflexion autour d’une sagesse qui passe par le relâchement, d’une vertu dans laquelle on ne se perd pas. Cela s’illustre dans la recherche d’une conduite qui vise moins le louable que l’excusable et dans une justification immanente de la valeur de la vie humaine.

Résumé du colloque

Afin de faire écho au thème du 88e congrès de l’Acfas, intitulé Du jamais su, la Société de philosophie du Québec invite ses membres à réfléchir aux invisibles et aux inaudibles de la philosophie. Bien que la philosophie se veuille une recherche de vérité, une quête de sagesse, on peut se questionner sur ses angles morts. Qu’est-ce qui est mis de côté dans cette quête, et pourquoi? Nous pouvons penser à la philosophie grecque qui s’échafaude sur un rejet de la mythologie afin de fonder un discours rationnel. À la philosophie médiévale, dans la lignée de l’héritage de la tradition chrétienne, qui a, de son côté, contribué à un rejet du corps et du monde ici-bas. À Kant, dans son geste de déconstruction de la métaphysique, qui a séparé ce qu’il était possible de penser de ce qu’il était possible de connaître. Ou plus près de nous, au tournant linguistique qui est venu remettre en question le langage même de la métaphysique en traquant les énoncés mal formés et sans signification réelle.

Chaque époque, chaque courant philosophique semble mettre de côté certains aspects ou certaines expériences afin de délimiter son objet de connaissance et les possibilités de connaître, reléguant ces éléments à l’invisibilité ou à l’inaudibilité. Certains de ces aspects semblent ensuite être « redécouverts » par les courants subséquents, ouvrant ainsi des débats dans l’histoire de la philosophie. S’intéresser aux invisibles et aux inaudibles pourrait se révéler une manière de penser à nouveaux frais l’histoire des débats philosophiques et la formation du canon en philosophie; une manière de réfléchir à ceux et celles qui font l’histoire et du même coup, à ceux et celles qui sont tombé.e.s dans l’oubli, aux voix marginalisées. Qu’est-ce qui se cache dans les marges de la philosophie? Y a-t-il du jamais su?

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 7 mai 2021

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