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Benjamin Gagné : Université de Montréal
L’évangélisme est caractérisé par un fort activisme qui s’incarne dans son désir d’amener de nouveaux adhérents par la conversion. Malgré cet activisme, de manière générale au Canada depuis 2011, on remarque une tendance générale vers une croissance modérée, sinon une stabilité des groupes évangéliques, à l’exception des pentecôtistes (Clarke, 2017). Derrière cette croissance modérée se trouve notamment le phénomène de la désaffiliation religieuse. Issu de ce milieu, le chercheur tente donc de comprendre la désaffiliation chez les évangéliques de deuxième génération au Québec, et ce, dans leurs propres termes. L’objectif est d’en analyser les causes, les processus ainsi que les trajectoires complexes.
La méthodologie est de type qualitative, car il importe d’étudier les itinéraires de désaffiliation en profondeur. Le projet utilisera l’approche autobiographique, soit le récit de vie (Bertaux, 2010), pour la première séquence d’entrevues. Cette approche permet de déterminer les catégories d’analyse qui orienteront l’étape des entretiens semi-dirigés et permettra de forger une partie du contenu du questionnaire. Elle comporte aussi une vocation politique qui « donne[ra] la parole aux sans-paroles » (Gauthier et Bourgeois, 2016, p. 376). Enfin, le projet examinera aussi certains forums sur Facebook, plate-forme utilisée par certains désaffiliés pour débattre de leurs motivations, selon une analyse thématique complémentaire aux entrevues.
Dans un contexte de volatilité, d’incertitude, de complexité et d’ambiguïté (Nandram et Bindlish, 2017), les tensions qui émergent dans les démocraties suscitent divers bouleversements. Ces bouleversements qui se manifestent à notre époque poussent plusieurs acteurs sociaux à mobiliser la notion de vivre-ensemble comme cadre normatif de vie en commun. Ces positionnements normatifs interpellent les chercheur.e.s depuis plus d’une décennie (voir, par exemple, Perraton et Bonenfant, 2009). Les communications qui seront présentées lors de ce colloque chercheront à explorer les terrains de ces bouleversements et leur amplitude. Le colloque aborde notamment les questions suivantes : comment les acteurs de la société civile définissent-ils le vivre-ensemble? Comment cette notion est-elle mobilisée, mise en pratique et vécue dans la société et les organisations?
Ce colloque propose de se pencher sur cette problématique en tentant de cerner les contenus concrets et symboliques du vivre-ensemble, tout en explorant ses limites (en relevant ce qui ne concerne pas le vivre-ensemble dans les sociétés modernes). L’événement sera structuré selon trois axes : 1) droit et diversité; 2) entreprises et religions; et 3) identité et radicalisation. Chacun des axes orientera les contributions des participant.e.s en fonction de certaines thématiques. L’axe « droit et diversité » interpellera des chercheur.e.s qui travaillent, entre autres, sur les questions de la laïcité, de la langue et des cultures autochtones (le vivre-ensemble après l’adoption de la loi 21 au Québec ou à la suite de la Commission de vérité et réconciliation). L’axe « entreprises et religions » se concentrera sur les espaces ouverts par le religieux dans le monde du travail (les entreprises de tendance, l’intégration économique des immigrants dans un contexte pluriel). L’axe « identité et radicalisation » s’intéressera à l’émergence de la radicalité dans divers espaces démocratiques (populisme et montée des extrêmes, rôles et positionnements des médias face aux radicalismes, processus de radicalisation menant à la violence). Sans se limiter à ces exemples, les communications présentées s’inscriront en lien avec l’un de ces axes.
Tout en tentant de fournir des pistes afin de mieux comprendre les bouleversements sociaux et les chocs de valeurs que ces bouleversements entraînent, ce colloque vise également un objectif méthodologique en favorisant la présentation de recherches systématisant les analyses interdisciplinaires en provenance des sciences juridiques, de la sociologie, de l’anthropologie, de la théologie et des sciences des religions.
Nandram, Sharda S. et Puneet K. Bindlish (2017), Managing VUCA Through Integrative Self-Management: How to Cope with Volatility, Uncertainty, Complexity and Ambiguity in Organizational Behavior, Cham, Springer International Publishing.
Perraton, Charles et Maude Bonenfant (réd.) (2009), Vivre ensemble dans l’espace public, Québec, Presses de l’Université du Québec.
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