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Jean-Marie Nadeau : SANB
J’ai le privilège d’avoir été l’idéateur du concept et de la réalité du « Congrès mondial acadien-CMA ». Sur le plan touristique Québec-Acadie, on peut dire qu’il y a eu un avant et un après les CMA, dont celui de 1994.
Les relations Québec-Acadie n’ont pas toujours été au beau fixe. Nos parcours parallèles ont été sporadiquement marqués de tiraillements. Pire, le Québec méconnait, pour ne pas dire méconnaissait, profondément l’Acadie, mais l’Acadie quant à elle a, pour ne pas dire a eu, de profonds ressentiments anti-québécois, à partir des années 1970. Tout cela est en train de se résorber, grâce en grande partie aux CMA.
Mais il ne faut pas s’arrêter en chemin. Il reste encore beaucoup à faire pour faire des relations Québec-Acadie, notamment touristiques, un terrain de meilleures ententes. On verra comment!
Afin de maximiser le potentiel économique issu d’une judicieuse mise en valeur des richesses patrimoniales liées à l’histoire acadienne, il est important d’avoir des statistiques sur les visiteurs qui s’intéressent au patrimoine acadien. Des données sociales et économiques sont aussi importantes à analyser afin de pouvoir prendre les bonnes décisions et faire des choix éclairés en matière de développement du tourisme acadien. Le programme d’évaluation de la satisfaction des touristes du Canada atlantique pourrait fournir des réponses (projet suivi par l’Association de l’industrie touristique du Nouveau-Brunswick et le ministère du Tourisme et des Parcs du Nouveau-Brunswick).
Cependant, travailler en amont de ce programme d’évaluation pourrait offrir une meilleure compréhension de ce que peut représenter le patrimoine acadien en matière de tourisme. Les lieux de mémoire qui soulignent l’arrivée et l’établissement des Français et des Acadiens dans les provinces atlantiques (l’île Sainte-Croix, Port-Royal, Port-La-Joye, Plaisance, Saint-Basile, etc.) ou encore les lieux historiques nationaux dédiés à la Déportation (Grand-Pré, Skmaqn–Port-la-Joye–Fort-Amherst) existent aux côtés de musées (Pubnico-Ouest, Miscouche, Madawaska, musée acadien) et de monuments vivants tels les villages historiques (Pubnico, Caraquet) et les villages musicaux (Abram-Village) qui permettent non seulement de faire connaître l’identité culturelle, les traditions et les coutumes, mais de faire vivre la langue d’un coin de pays. Les festivals populaires (Festival acadien de Clare, l’Exposition agricole et Festival acadien de la région Évangéline, la Foire brayonne d’Edmundston), les festivals de jazz, les salons du livre, les fêtes religieuses et la fête du 15 août sont autant d’événements qui servent aussi de vecteurs à la promotion touristique de l’Acadie et qui font voir l’évolution culturelle, linguistique, sociale et économique de l’Acadie au fil du temps. La forêt acadienne est évoquée comme lieu du savoir-faire qui a permis aux Acadiens de survivre et les festivals de la motoneige contribuent également à mieux en faire connaître la portée, pour ne citer que ces quelques exemples.
Les questions explorées ici touchent, entre autres, à la fois au lien qui unit le patrimoine historique à l’évolution de la langue, à la durée de la saison touristique et à son influence sur le développement économique ou encore à la possibilité de soutenir une présence plus importante d’expériences acadiennes dans le cadre de l’offre touristique. Nous nous intéressons aussi aux liens touristiques à développer entre le Québec et les provinces atlantiques ainsi qu’au développement d’un tourisme plus durable et innovant.
Ce colloque cherche à être interdisciplinaire et réunit les parties concernées par la mise en valeur du patrimoine et des arts, les liens touristiques Québec-Acadie, le tourisme durable et les traditions acadiennes plus largement, tant sur le plan de la recherche universitaire que de l’implication et de l’engagement communautaire ou encore privé.
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