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Le mépris, la révolte et la construction des identités collectives en Haïti à travers le hip-hop

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Sandy Larose : Université Laval

Résumé de la communication

Les discours de révolte sont une marque de fabrique des chansons du hip-hop depuis la chute de la dictature des Duvalier en 1986. Les jeunes des quartiers populaires trouvent dans cette culture un espace de lutte contre les mépris et toutes formes de marginalisation (Larose, 2015). Ainsi, il y a constamment une demande de reconnaissance à travers des discours revendicatifs mettant aux prises des altérités « nous » versus « eux ». Haïti sévit dans une situation de pauvreté extrême (Perchelet, 2010 ; Louis, 2010), où plus de la moitié de la population est coincée au-dessous du seuil de la pauvreté. Une certaine frange de cette jeunesse est mécontente et révoltée; elle se réfugie dans le hip-hop pour exister et résister autrement. Comment le mépris peut-il pousser certains jeunes à se jeter dans la résistance à travers un discours de révolte? Le hip-hop est le moyen que ces jeunes utilisent pour construire des nouvelles identités collectives. En se basant sur les entretiens semi-dirigés et l’analyse de contenus des chansons, on a pu comprendre que la culture hip-hop constitue dans ce pays un espace d’expression politique et de critique du pouvoir dans le souci d’une société meilleure (Honneth, 2007). Mots clés : hip-hop, Haïti, reconnaissance, identité, révolte.

Résumé du colloque

L’intervention par l’art occupe une place de plus en plus importante dans différents milieux de la société québécoise. Pourtant, malgré sa popularité grandissante et ses bienfaits reconnus scientifiquement, elle demeure une pratique relativement isolée et peu connue par rapport aux types d’interventions plus traditionnels. Or, en raison de sa flexibilité et de son accessibilité, l’intervention par l’art a l’avantage de s’adresser à une clientèle variée et de s’adapter à la réalité de divers milieux. Elle permet ainsi d’atteindre des populations qui peuvent se trouver ou se sentir exclues des canaux d’intervention plus traditionnels.

Toutefois, les pratiques d’intervention qui font appel à des modalités artistiques se situent souvent en marge d’une pratique clinique conventionnelle, à moins qu’elles ne relèvent de professions dont l’expression artistique sous toutes ses formes est l’outil privilégié et officiellement annoncé. Au Québec, il est alors question d’art-thérapie (arts visuels), de musicothérapie, de dramathérapie et, plus récemment, de thérapie par la danse et le mouvement. Dans ces cas précis, la pratique clinique s’appuie sur un rationnel théorique, des données issues de la recherche et une longue tradition de pratiques s’inspirant à la fois du milieu artistique et de celui de l’intervention. Néanmoins, il importe de rappeler que ces disciplines sont en émergence et luttent pour leur reconnaissance.

Dans tous les cas, les connaissances sur les effets de l’intervention par l’art, la compréhension des différentes conditions permettant le déploiement optimal de ces initiatives et les limites de ces approches sont encore à parfaire. D’autres questions méritent aussi que l’on s’y attarde : qu’advient-il lorsque ces initiatives sortent du milieu clinique plus conventionnel pour se déployer dans des milieux alternatifs qui vont à la rencontre de personnes qui ne sont pas servies autrement? Comment adapter une pratique d’abord clinique à un cadre non clinique? Comment se définissent ces pratiques lorsqu’elles ne sont pas menées par des thérapeutes par les arts? Quels objectifs poursuivent-elles?

Comme pour toute discipline en émergence, les initiatives issues du terrain et élaborées de manière plus ou moins intuitive par des intervenants qui, peut-on le présumer, ont d’abord un intérêt personnel pour les arts, ne trouvent pas toujours écho auprès des chercheurs. L’inverse est aussi vrai : les chercheurs qui s’intéressent aux retombées de l’expression artistique sur les populations plus vulnérables doivent faire preuve de créativité pour faire reconnaître la pertinence de leurs sujets de recherche et, parfois même, pour obtenir la collaboration des milieux de pratique. Il est grand temps que ces deux univers se rencontrent, que les idées s’exposent au grand jour et soient mises en lumière à travers le spectre d’une multitude de points de vue : intervenants psychosociaux, thérapeutes par les arts et chercheurs.

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
Discutant-e- de la session : Sarah-Maria Leblanc
section icon Date : 7 mai 2021

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