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Isabelle Guillard : Université Concordia
En éducation artistique, l’éco-art permet de répondre aux objectifs d’une éducation relative à l’environnement (UNESCO, 1977, Inwood, 2008) par des partenariats et des pratiques transdisciplinaires plus responsables et participatives (Carruthers, 2006). La question de ma recherche propose d’examiner : qu’est-ce que la collaboration entre artistes et enseignants peut apporter dans la modélisation d’un curriculum axé sur les pratiques éco-arts dans l’enseignement des arts plastiques au secondaire ? Cette étude s’appuie sur les composantes sujet-objet-milieu-agent et relations de la situation pédagogique « SOMA » (Legendre, 2005) afin de relier la théorie à la pratique (Elliott, 2007) dans un contexte de communauté d’apprentissage (Orellana, 2005). Avec une équipe de trois enseignants en arts plastiques et trois artistes du programme La Culture à l’école, j’ai coordonné la réalisation de trois projets éco-arts auprès de six classes d’élèves au cours d’une année scolaire. Par cette recherche-action collaborative, impliquant une démarche de co-construction des connaissances (Guillemette et Savoie-Zajc, 2012), j’ai analysé avec les praticiens-chercheurs des contenues notionnels et stratégies d’enseignement mettant en valeur les rapports entre l’art, la matière et l’environnement. Dans cette présentation, je parlerai des résultats de ma recherche et mettrai en évidence les phases de conception par lesquelles le modèle d’enseignement éco-art s’est développé.
Dans sa dimension théorique, cette proposition s’appuie sur la recherche actuelle, qui met en évidence l’engagement social de l’art (Cauquelin, 2018; Fourmentraux, 2012; Lamoureux et Uhl, 2018; Zask, 2014). Par cette connexion avec les enjeux sociétaux, les arts représentent un terrain privilégié pour l’éducation (Kerlan et Langar, 2015; O’Farrell et Kukkonen, 2017), favorisant le développement d’une panoplie d’« éducations » : à la citoyenneté, à l’antiracisme, à l’inclusion, à la démocratie, à l’environnement, etc. Cette dynamique d’arrimage de l’enseignement artistique au nouveau paradigme de l’art a fait l’objet de la première édition de ce colloque (2019), offrant un espace de convergence entre divers acteurs œuvrant dans le domaine de l’art et de l’éducation. Dans la continuité de ces travaux, qui ont dressé « le fond de scène » de la problématique, nous nous proposons d’approfondir au cours d’un nouveau colloque en 2021 la réflexion sur des sujets touchant, grâce à l’expression artistique, à diverses questions socialement vives (QSV). Celles-ci visent des sujets d’actualité qui suscitent des controverses, attisent des émotions, mettent en concurrence des représentations et des intérêts divergents, interrogent les systèmes de valeurs (Audigier, 2007; Legardez et Simonneaux, 2006), sujets qui interpellent inévitablement l’artiste contemporain et qui finissent par remettre en question les pratiques des acteurs scolaires. Afin de proposer les meilleures pistes susceptibles de soutenir l’enseignement artistique dans une formule actualisée, nous nous penchons, d’une part, sur l’éducation liée à l’environnement (Ghouati, 2016; Planche, 2018; Ribotti, 2010; Sauvé, 2009; Simonneaux et Simonneaux, 2009), et plus spécifiquement sur la crise du climat; d’autre part, nous abordons la diversité humaine en nous interrogeant sur l’éducation au vivre-ensemble (Estivalèzes, 2016; Larochelle-Audet, Borri-Anadon et Potvin, 2016; Moldoveanu, 2009; Vatz Laaroussi, Tadlaoui et Gélinas, 2013).
Titre du colloque :