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Les contes africains et la philosophie

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Marie-Eveline Belinga : Collège Universitaire Dominicain (Institut de Pastorale)

Résumé de la communication

En tant que femme noire francophone d’origine africaine qui vit et réfléchit sa pratique de la philosophe dans un espace nord-américain, il était important pour moi de me joindre au projet Atopos. Dans le cadre d’un court exposé encadré, j’ai présenté le cheminement intellectuel qui m’a conduite à me réapproprier mon héritage philosophique africain à travers la transmission orale. J’ai souhaité illustrer mon propos en mettant en lumière le potentiel philosophique émancipateur et décolonial d’un conte intitulé: « Le Roi et le Fou, Conte peul » rapporté par le penseur Amadou Hampâté Bâ. La structure de ce conte et les thèmes mis en valeur dans les dialogues, donnent un aperçu des possibilités d’exploration éthique, politique et sociale contenues dans cette tradition éducative. Partager un conte philosophique d’Afrique de l’Ouest avec des étudiant.e.s du cégep est une invitation concrète à s’interroger en tant qu’enseignant.e.s sur la diversité des œuvres de philosophie dans la francophonie. Cela peut également nous encourager en tant que personnes citoyennes à (re)découvrir des méthodes réflexives ancestrales qui ont contribué à l’éducation philosophique des êtres humains sur divers continents.

Résumé du colloque

Afin de faire écho au thème du 88e congrès de l’Acfas, intitulé Du jamais su, la Société de philosophie du Québec invite ses membres à réfléchir aux invisibles et aux inaudibles de la philosophie. Bien que la philosophie se veuille une recherche de vérité, une quête de sagesse, on peut se questionner sur ses angles morts. Qu’est-ce qui est mis de côté dans cette quête, et pourquoi? Nous pouvons penser à la philosophie grecque qui s’échafaude sur un rejet de la mythologie afin de fonder un discours rationnel. À la philosophie médiévale, dans la lignée de l’héritage de la tradition chrétienne, qui a, de son côté, contribué à un rejet du corps et du monde ici-bas. À Kant, dans son geste de déconstruction de la métaphysique, qui a séparé ce qu’il était possible de penser de ce qu’il était possible de connaître. Ou plus près de nous, au tournant linguistique qui est venu remettre en question le langage même de la métaphysique en traquant les énoncés mal formés et sans signification réelle.

Chaque époque, chaque courant philosophique semble mettre de côté certains aspects ou certaines expériences afin de délimiter son objet de connaissance et les possibilités de connaître, reléguant ces éléments à l’invisibilité ou à l’inaudibilité. Certains de ces aspects semblent ensuite être « redécouverts » par les courants subséquents, ouvrant ainsi des débats dans l’histoire de la philosophie. S’intéresser aux invisibles et aux inaudibles pourrait se révéler une manière de penser à nouveaux frais l’histoire des débats philosophiques et la formation du canon en philosophie; une manière de réfléchir à ceux et celles qui font l’histoire et du même coup, à ceux et celles qui sont tombé.e.s dans l’oubli, aux voix marginalisées. Qu’est-ce qui se cache dans les marges de la philosophie? Y a-t-il du jamais su?

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 7 mai 2021

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