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Les « contre-espaces » dans « Le Figuier sur le toit » de Marguerite Andersen : des refuges au service de la quête identitaire

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Marie-Lise Auvray : Université Sainte-Anne

Résumé de la communication

La romancière franco-ontarienne Marguerite Andersen, née en Allemagne dans les années 20, a été spectatrice de la montée du nazisme et du funeste destin des Juifs. Établie au Canada depuis les années 70, elle cherche à exorciser ce douloureux vécu, dans son œuvre à tendance autobiographique. Ainsi, Le Figuier sur le toit, objet de cette étude, témoigne-t-il de l’Allemagne nazie, de la guerre, des bombardements et de l’exode.

À quelques jours de son 84e anniversaire, la narratrice-protagoniste Marguerite cherche, en se remémorant son passé, à répondre à la récurrente question : « Where are you from ? », question qui, parce qu’elle la « plonge […] dans le tumulte des années 1933 à 1945 », lui donne le « vertige » (Andersen 2008, 45). C’est avec courage que la vieille dame, dont la vie se confond avec celle de l’auteure, va affronter les démons de son passé, tels sa participation à la Jeunesse hitlérienne et l’antisémitisme de son grand-père.

Dans ce récit introspectif, Marguerite, accorde une place notable à des espaces qui, en lui permettant de s’échapper temporairement, de fuir la réalité, deviennent résistance et prennent la forme de « contre-espaces », au sens où l’entend Foucault : « des lieux qui s’opposent à tous les autres, qui sont destinés en quelque sorte à les effacer, à les neutraliser ou à les purifier » (Foucault 2009, 24). Dans le cadre de cette communication, je montrerai que ces espaces autres se présentent tels des refuges au service de la quête identitaire.

Résumé du colloque

Pour souligner le 30e anniversaire de la réunification de l’Allemagne, ce colloque propose d’explorer les traces de l’Allemagne dans l’imaginaire canadien par une approche pluridisciplinaire s’intéressant à la fois aux origines de la présence allemande sur le territoire canadien, aux traces laissées par cette présence dans le temps, aux rapports entre le Canada et l’Allemagne et à l’influence qu’ont pu avoir certains grands changements sociopolitiques sur l’imaginaire canadien. Que ce soit par les nombreuses migrations allemandes en sol canadien, par les grands événements historiques survenus sur le territoire allemand, mais ayant eu des échos au Canada, par les échanges politiques ou simplement par l’influence d’écrivains allemands sur la littérature canadienne, le présent colloque vise à réfléchir sur les différentes traces allemandes ayant influencé la manière de se dire au Canada, principalement dans les espaces franco-canadiens.

Sur le plan littéraire, l’Allemagne apparaît souvent soit par la représentation de l’origine (comme dans les romans autobiographiques de Marguerite Andersen), soit par l’impact d’événements historiques (notamment avec la représentation de la chute du mur de Berlin chez des auteurs comme Éric Dupont ou Simon Lambert), soit par le traumatisme de la Deuxième Guerre mondiale (qu’a mis en scène le théâtre d’Emma Haché). Historiquement, on note que de nombreux Allemands ont migré au Canada au point d’y inscrire des traces visibles dans la géographie (West Berlin et East Berlin, en Nouvelle-Écosse) ou dans la culture locale (l’Oktoberfest de Kitchener, en Ontario, anciennement nommée Berlin). Sur le plan social et politique, les deux guerres mondiales, la présence militaire canadienne en Allemagne et l’image de l’effondrement du mur de Berlin ont certainement influencé la perception et l’évolution de l’autre allemand, et du même coup la perception et les mutations du soi canadien. Il ne s’agit que d’exemples proposés pour ce colloque.

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 7 mai 2021

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