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Les « humanités énergétiques » : construire des énergies pour l’humanité

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Frédéric Caille : Université Savoie-Mont-Blanc

Résumé de la communication

La notion d’« energy humanities » désigne un ensemble d’écrits anthropo-sociologiques, historiques, ainsi que d’expérimentations socio-artistiques qui ont tenté depuis quelques années de déconstruire les fondements intellectuels et mentaux de la pétro-civilisation internationale contemporaine (Sezman I. & Boyer D., 2017 ; Duperrex M. 2020). Presque absente pour l’heure de l’univers francophone cette perspective présente plusieurs lignes de force épistémologiques et pratiques qui l’articulent à celle de la science ouverte, engagée et inclusive. Trois d’entre elles méritent d’être soumises à la discussion : la compréhension politico-critique du type de « sujets » et de « subjectivisation » auxquels renvoie l’emprise actuelle des énergies fossiles ; la question concrète de la « fabrique de l’ignorance » en matière de possibilité, de coût, de performance des énergies renouvelables et son lien aux petro-pouvoirs internationaux (Sovacool B., 2014) ; la réflexion et l’expérimentation sur des instruments pratiques d’ouverture et d’émancipation des imaginaires sociaux énergétiques, jusque dans les pays du sud. Duperrex M. (2020).

Résumé du colloque

« Une autre science est possible : science collaborative, science ouverte, science engagée, contre la marchandisation du savoir », proposait-on il y a 10 ans lors du colloque de fondation de l’Association science et bien commun. Depuis cet événement, nous nous sommes interrogés avec plus de 200 chercheuses et chercheurs des pays du sud et du nord, professionnels et citoyens, notamment sur les politiques scientifiques, la science comme outil de développement durable, la liberté universitaire, la responsabilité sociale des chercheurs et chercheuses, la science ouverte, le libre accès et la justice cognitive.

Aujourd’hui, comment s’articulent les différentes visions des sciences? Entre l’idéal de la science néolibérale vectrice d’un développement économique mondialisé, l’idéal de la science positiviste qui existe à côté de la société, motivée par la découverte d’une Vérité unique sans égard aux besoins et aux conséquences, l’idéal de la science engagée dans laquelle les savoirs deviennent actifs, vecteurs de progrès social — mais au profit de qui? —, et l’idéal de la science ouverte, qui reconnaît la diversité des savoirs et invite le dialogue — mais peut-être au détriment de son propre pouvoir et d’une certaine cohésion sociale?

Quelles formes prennent aujourd’hui les idéaux alternatifs de la science ouverte, engagée ou inclusive? À quelles activités scientifiques sont-ils associés? Existent-ils encore en marge, peu reconnus, peu soutenus? Devant la crise des changements climatiques et celle de la pandémie de la COVID-19, prennent-ils une nouvelle importance ou sont-ils dénaturés? Comment pourraient-ils être mieux soutenus par les politiques scientifiques des divers pays, par les actions des universités partout dans le monde, et par les chercheurs et chercheuses au nord comme au sud? Quels sont les nouveaux domaines prioritaires émergés ou émergents de la science ouverte, engagée ou inclusive; biodiversité, agroécologie, droits de la personne, énergies?

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 7 mai 2021

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