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L’IA à travers ses usages : de la confiance à l’autorité ?

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Thierry Ménissier : Université Grenoble Alpes

Résumé de la communication

Lorsqu’on tente de définir l’éthique pertinente pour l’IA, trois difficultés majeures apparaissent pour savoir (1) à qui cette éthique s’adresse, (2) quelles sont ses finalités, (3) quelles sont les modalités théoriques adéquates pour ce faire dans le répertoire de la théorie morale et politique. Cette triple difficulté constitue pour le questionnement philosophique une véritable opportunité. Pour commencer à la résoudre, on interrogera le rôle dévolu aux systèmes d’IA en poursuivant deux objectifs : à partir des cas offerts par les usages des systèmes contemporains d’IA, nous voulons d’une part caractériser les relations de confiance à l’égard de ces outils ; de l’autre, conceptualiser l’autorité qu’ils sont en train d’acquérir. Le constat de départ est que le déploiement contemporain de l’IA repose sur des formes de confiance envers les machines, véritable « ciment » des usages. Or, du point de vue des usagers, cette confiance s’adresse moins à des outils considérés comme neutres qu’à des entités personnalisées. Bien qu’encore mal qualifiées sur le plan de l’anthropologie ou de l’ontologie, ces entités ne sont plus des outils passifs mais gagnent à être conçues comme des agents. Ceux-ci exercent une influence sur les comportements qu’il convient de documenter et de conceptualiser. Notre contribution vise à examiner s’il s’agit d’une forme d’autorité, et, simultanément, entend envisager les transformations de la notion d’autorité dans le contexte de l’essor mondial de l’IA.

Résumé du colloque

Les progrès de l’intelligence artificielle (IA) — et les implications sociales et éthiques qui y sont associées — font de façon croissante l’objet de discussions dans les médias, ce qui a conduit à une attention accrue des pouvoirs publics et à un investissement concomitant dans la recherche pour mieux cibler les différents défis (sociaux, techniques, gouvernance, réglementation, etc.) et solutions possibles. Dans cette foulée s’inscrit la création récente, grâce à un financement du Fonds de recherche du Québec, de l’Observatoire international des impacts sociaux de l’intelligence artificielle et du numérique (OBVIA), qui a pour mandat de soutenir et de stimuler la recherche sur les conséquences sociétales de l’IA et du numérique, et qui est appuyé par plus d’une douzaine de cégeps et d’universités et qui rassemble plus de 160 chercheur.se.s.

La question des valeurs et des principes devant guider le développement, la commercialisation et l’utilisation de l’IA se trouve au cœur des réflexions des chercheur.se.s associés à l’OBVIA. À cet égard, des principes normatifs ont été élaborés afin de guider l’IA, notamment la Déclaration de Montréal pour un développement responsable de l’intelligence artificielle. Si ces principes constituent une première étape importante pour favoriser une IA responsable, l’étape suivante consiste maintenant à voir comment ces principes peuvent s’actualiser dans la pratique et, à l’inverse, comment ils peuvent sans cesse être actualisés pour mieux répondre aux enjeux pratiques.

Dans cette perspective, ce colloque cherche à connaître les enjeux et les situations problématiques concrets rencontrés en IA, à examiner les cadres normatifs existants et à proposer des outils pour faciliter la prise de décision ainsi que l’élaboration de politiques en matière d’IA. Bref, il s’agit de stimuler une réflexion conjointe entre chercheur.se.s et praticien.ne.s afin de penser ensemble, dans une perspective d’éthique pratique, des approches à la fois novatrices, pertinentes et satisfaisantes pour tous les intervenants concernés afin de favoriser l’innovation responsable en IA.

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
Discutant-e- de la session : Audrey Corbeil Therrien
section icon Date : 7 mai 2021

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