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Pierre-Jean Guéno : Sensor.Community
Lancée à Stuttgart, l'initiative indépendante Sensor.Community (anciennement Lufdaten) compte dorénavant parmi les plus grandes communautés européennes de métrologie citoyenne (plus de 11 000 contributeurs) et s'étend même sur tous les continents. Elle est coordonnée depuis 2016 par le OK Lab Stuttgart dans le cadre du programme Code for Germany de l'Open Knowledge Foundation Deutschland. Un programme dont l'objectif est de développer et d’accompagner au niveau de villes allemandes les initiatives dans le domaine de la transparence, des données libres et des sciences citoyennes. D'abord consacrée à la seule métrologie de la pollution de l'air, l'initiative Luftdaten ("données de l'air") s'étend depuis peu au bruit et bientôt au NOx ou encore à la radioactivité, d'où la nécessité d'un changement de nom. Nous présentons l'histoire de ce projet et son évolution.
Sensor.Community is a contributors driven global sensor network that creates Open Environmental Data. Our mission is to inspire and enrich people’s lives by offering a platform for the collective curiosity in nature that is genuine, joyful and positive.
https://sensor.community/fr
https://sensor.community/en
Les initiatives de métrologie dite « citoyenne » se sont multipliées dans le monde en s’appuyant de manière extensive sur des dispositifs numériques et sur des dynamiques polycentriques cohabitant, plus ou moins consensuellement, avec les approches soutenues par l’acteur politique et public, les institutions scientifiques ou les organismes de santé. Désignées comme des pratiques de « popular epidemiology », de « citizen science », de « street science » ou encore d’« enviro-tracking », ces mesures citoyennes concernent de nombreux thèmes : qualité de l’air et de l’eau, pollens, biodiversité, nuisances sonores et olfactives, îlots de chaleur, radiations... Ces quantifications des milieux s’accompagnent d’une quantification intensive du soi (notamment dans le domaine de la santé). La datafication des milieux se prolonge ainsi jusqu’à un questionnement des rapports d’échelles (perceptions de soi, perception endogène de son habitat, de son territoire étendu, etc.). Tout cela s’inscrit dans un mouvement de tissage continu des données, des objets et des corps et se déploie sur fond de désir de données liées aux économies politiques discutées, controversées, incertaines (Carmes et Noyer, 2015; Saleh, 2018). D’un point de vue international, il s’agit d’examiner les différentes configurations de ces pratiques (leur renforcement) : politiques (cohabitation des initiatives « instituées – instituantes » avec une métrologie autonome, processus de concernement et d’implication des habitants); communicationnelles (modalités d’interaction et de coopération, dynamiques communautaires, médiations…); sociocognitives et socionumériques (littératie des données, production et interprétation des données, création de connaissances, rapports profanes-experts, open data, civic tech, crowdsensing); participatives et rôle des tiers lieux (« labo citoyen », fab labs...); configurations techniques et sémiotiques (IOT, capteurs, mobiles, interfaces, design des données).
Titre du colloque :