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Nourrir, habiller et soigner l’enfant d’autrui : le corps de l’enfant confié comme marqueur d’appartenance en milieu bambara (Mali)

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Paola Porcelli : Jeunesse J'écoute

Résumé de la communication

En Afrique de l’Ouest, de nombreuses familles continuent à faire recours à une ancienne tradition qui consiste à « donner » ses enfants ou à « recevoir » les enfants d’autrui. Cette coutume donne lieu à des configurations très variées dont le seul élément de comparaison pour un regard occidental est l’adoption ou l’accueil d’enfants dans les dispositifs de protection de la jeunesse.

Célébrées par les mythes fondateurs des sociétés africaines, ces pratiques font en même temps l’objet de campagnes de sensibilisation de la part de certaines ONG intervenant dans des contextes de protection des droits des enfants. En effet, elles peuvent donner lieu à des dérives, y compris des formes d’abus et de maltraitance, en raison de la position fragile des enfants d’autrui au sein du foyer d’accueil.

Cette présentation s’appuie sur un corpus de données qualitatives recueillies entre 2005 et 2007 en milieu bambara (Mali) auprès de familles ayant donné et/ou reçu des enfants. Les résultats ont mis en évidence l’inscription du phénomène de l’adoption traditionnelle dans le corps de l’enfant à travers les rituels de la nutrition, de l’habillement et des soins dispensés par les tuteurs.

À partir de ces métaphores et à la lumière de présentations émergées dans le travail clinique avec les familles africaines, nous proposons une réflexion sur le devenir des pratiques d’adoption traditionnelle au regard des enjeux contemporains et des dynamiques migratoires et transnationales.

Résumé du colloque

Le corps est une notion transversale, reprise par de nombreuses disciplines au sein de différentes épistémologies. Au cœur même de la psychologie, le corps convoque de nombreuses significations ainsi que des représentations singulières et multiples. Que ce soit comme lieu premier de l’identité, comme marqueur culturel, comme objet de revendication ou encore comme voie d’expression de ce qui ne saurait se penser, le corps vient dire quelque chose de l’individu, de son monde interne, de son appartenance socioculturelle. Au-delà de ces différentes mises en sens, le corps est sur le devant de la scène dans nos sociétés contemporaines. Qu’il soit agi ou subi, il semble être le lieu de l’expression de la subjectivité, de l’appartenance familiale et culturelle. Que ce soit un corps investi, un corps objet de violence ou encore un corps en « désa-corps », il reste au cœur des objets d’étude de la psychologie. Cependant, dans un au-delà du lien inéluctable qui unit l’individu à son corps, ce dernier vient aussi et surtout révéler la société dans laquelle il évolue. De nombreuses problématiques contemporaines témoignent de cette dimension sociétale, que ce soit dans sa valence créative ou destructrice. Du corps sexuel au corps médicalisé — ou non — de l’enfantement, en passant par les violences — auto ou hétéroagressives — qui lui sont infligées, du corps porteur de la vie à celui porteur de l’histoire, il vient, en filigrane, nous parler d’un « jamais su », d’un impensé. Ainsi, ce que la psychologie apporte sur cette question, c’est ce regard clinique, cette possibilité de mise en sens, à l’entrecroisée des représentations sociales, culturelles et subjectives, dans la double inscription de l’individu dans sa singularité et dans la société.

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
Discutant-e- de la session : Kathleen Beuvelet
section icon Date : 7 mai 2021

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