Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Mael Lemoine : Université de Bordeaux
La philosophie des sciences biologiques et médicales produit généralement un discours sur les sciences biologiques et médicales. Toutefois, un nombre significatif de philosophes ont franchi le pas de tenter de contribuer aux sciences biologiques et médicales elles-mêmes. Est-ce toujours de la philosophie ? La thèse que je développerai est que ces praticiens de la « philosophie dans la biologie et la médecine » se distinguent non par une oeuvre philosophique et une oeuvre scientifique parallèles, mais par une utilisation de la philosophie comme outil pour faire avancer la solution à un problème scientifique. En m’appuyant sur les données d’une enquête bibliométrique d’envergure sur le sujet, et sur l’analyse de quelques exemples en philosophie de la médecine et en philosophie de la biologie, j’esquisserai un tableau de cette tendance de la philosophie contemporaine - ses acteurs, ses réalisations, ses thématiques et ses méthodes. Je conclurai par un plaidoyer en faveur d’une philosophie dans la médecine qui prenne le meilleur de la philosophie dans la biologie en exemple.
Afin de faire écho au thème du 88e congrès de l’Acfas, intitulé Du jamais su, la Société de philosophie du Québec invite ses membres à réfléchir aux invisibles et aux inaudibles de la philosophie. Bien que la philosophie se veuille une recherche de vérité, une quête de sagesse, on peut se questionner sur ses angles morts. Qu’est-ce qui est mis de côté dans cette quête, et pourquoi? Nous pouvons penser à la philosophie grecque qui s’échafaude sur un rejet de la mythologie afin de fonder un discours rationnel. À la philosophie médiévale, dans la lignée de l’héritage de la tradition chrétienne, qui a, de son côté, contribué à un rejet du corps et du monde ici-bas. À Kant, dans son geste de déconstruction de la métaphysique, qui a séparé ce qu’il était possible de penser de ce qu’il était possible de connaître. Ou plus près de nous, au tournant linguistique qui est venu remettre en question le langage même de la métaphysique en traquant les énoncés mal formés et sans signification réelle.
Chaque époque, chaque courant philosophique semble mettre de côté certains aspects ou certaines expériences afin de délimiter son objet de connaissance et les possibilités de connaître, reléguant ces éléments à l’invisibilité ou à l’inaudibilité. Certains de ces aspects semblent ensuite être « redécouverts » par les courants subséquents, ouvrant ainsi des débats dans l’histoire de la philosophie. S’intéresser aux invisibles et aux inaudibles pourrait se révéler une manière de penser à nouveaux frais l’histoire des débats philosophiques et la formation du canon en philosophie; une manière de réfléchir à ceux et celles qui font l’histoire et du même coup, à ceux et celles qui sont tombé.e.s dans l’oubli, aux voix marginalisées. Qu’est-ce qui se cache dans les marges de la philosophie? Y a-t-il du jamais su?
Titre du colloque :