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Phytochimie du cannabis : tour d’un vaste horizon

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Alexis St-Gelais : Laboratoire PhytoChemia

Résumé de la communication

L’espèce Cannabis sativa présente la particularité d’avoir, au cours du temps, fait l’objet d’une sélection horticole fortement influencée par son contenu en métabolites secondaires. Certains de ceux-ci sont largement connus y compris du grand public, classant l’espèce au rang de vedette iconique de la phytochimie. Cependant, outre le tétrahydrocannabinol (THC) et le cannabidiol (CBD), les connaissances sur l’arsenal moléculaire de l’espèce vont bien plus loin. Entre plus d’une centaine de cannabinoïdes, des douzaines et des douzaines de molécules volatiles (désignées collectivement bien qu’en partie improprement comme « terpènes ») et des composés moins connus comme les cannflavins et des substances azotées, le chanvre et le cannabis sont devenus de vastes champs d’exploration pour les phytochimistes. Attendu le passé clandestin du cannabis, beaucoup du vocabulaire associé à son extraction ou le raffinement de ces métabolites diffère toutefois des termes habituellement employés en phytochimie, et il importe de connaître certaines équivalences. Cette présentation vise donc à explorer sommairement la grande diversité métabolique de Cannabis sativa, afin de mettre en lumière la complexité et la variabilité phytochimique de cette plante fortement domestiquée, et de fournir quelques pistes lexicales à garder en tête pour bien comprendre le domaine.

Résumé du colloque

Que ce soit à des fins thérapeutiques, récréatives ou spirituelles, le Cannabis sativa (aussi nommé cannabis, marihuana ou marijuana) est cultivé depuis des millénaires dans le monde entier. Toutefois, l’image de cette plante médicinale a été durement touchée dans le début des années 1920 au Canada, alors qu’elle rejoint l’opium parmi les substances psychoactives illégales pour des usages non médicaux. Bien que son utilisation thérapeutique soit comprise dans les textes de loi, on devra attendre au début des années 2000 pour voir émerger un réel système d’accès au cannabis à des fins thérapeutiques. Depuis, des débats politiques et scientifiques de plus en plus médiatisés entourent la légalisation et les questions de sécurité des traitements à base de cannabis.

Depuis le 1er avril 2014, Santé Canada a adopté le Règlement sur la marihuana à des fins médicales (RMFM) pour permettre à tout médecin d’autoriser à un patient l’accès à une quantité précise de cannabis pour soulager ses symptômes. Depuis le 17 octobre 2018, le gouvernement du Canada a légalisé la production, la distribution, la vente et la possession de cannabis à des fins récréatives tout en conservant son utilisation médicale. Les médecins quant à eux font face à une situation complexe : d’un côté, ils doivent prodiguer des soins fondés sur des preuves cliniques qu’ils n’ont pas avec le cannabis et de l’autre, le RMFM permet de rendre le cannabis accessible pour leurs patients comme s’il s’agissait d’un médicament.

Les risques et les bienfaits de l’utilisation du cannabis thérapeutique sont beaucoup discutés dans la littérature scientifique, mais son utilisation en pratique clinique demeure controversée, a priori en raison du manque de données probantes sur son utilité clinique ainsi que du manque de formation des médecins à le prescrire. Le but de ce colloque est de présenter le cannabis sous tous ses angles avec une attention particulière sur son potentiel d’utilisation à des fins thérapeutiques.

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 7 mai 2021

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