Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Marion Macé : Société Makivik
En octobre 2017, la Société Makivik et la Fondation One Drop ont établi un partenariat pour créer une initiative de 4 ans à Inukjuak (Nunavik, Québec) appelée Pirursiivik, « un endroit pour faire pousser les choses » en inuktitut.
En 2020, Pirursiivik s'est associé à l’OBNL Sirivik pour implanter un centre alimentaire communautaire avec une serre fonctionnelle toute l’année, une première au Nunavik. Ce projet conjoint vise à fournir un endroit pour cultiver, préparer et partager de la nourriture et du savoir, et ce faisant, lutter contre l'insécurité alimentaire et promouvoir de saines habitudes alimentaires. Cette infrastructure fait également partie d'un projet pilote visant à développer des stratégies innovantes et adaptées au climat nordique et aux impacts du changement climatique.
Au cours des trois dernières années, afin d’atteindre cet objectif et de renforcer l’engagement et les capacités locales, Pirursiivik a mis en place de multiples projets à plus petite échelle, notamment différentes formes de consultations populaires, la mise en place de sept couches froides, de deux tours hydroponiques communautaires et un conteneur hydroponique commercial ainsi qu’un projet de culture de chicouté et une formation régionale sur la production alimentaire locale.
Via ce projet, Pirursiivik et Sirivik ont la capacité de créer un précédent et démontrent un potentiel indéniable pour accroître la résilience et la souveraineté alimentaire à Inukjuak et plus largement.
Plusieurs projets conduits par le Centre d’innovation sociale en agriculture (CISA) illustrent tour à tour une transition en agriculture et en agroalimentaire, voire une bascule vers un renouvellement. Cette transition traverse les enjeux liés à la diversité des modèles agricoles et à la vitalisation des territoires.
La diversité des modèles
Le modèle unique traditionnel en agriculture chevauche d’autres modèles porteurs de possibilités, notamment pour laisser place à une relève agricole souvent non apparentée, provenant de différentes origines et ayant des parcours atypiques. Outre les modes d’établissement qui se diversifient, il en est de même pour les modèles de production et de mise en marché. Les plateformes numériques se multiplient pour vendre en circuits courts. Des créneaux apparaissent teintés de valeurs environnementales (agriculture raisonnée, biologique, urbaine, régénératrice, de petits fruits, de petits élevages, etc.).
La revitalisation des territoires
Ces projets émergents, souvent innovants et mobilisateurs, sont de véritables moteurs de revitalisation des territoires, des villes, des régions éloignées et nordiques. Face à l’ébullition des modèles agricoles et des canaux de vente, des porteurs de projets aspirent à changer les modèles établis. Dans cet élan, de nouveaux outils, leviers et dispositifs de mise en œuvre sont en cours d’expérimentation : laboratoires et territoires (MAPAQ), fiducies d’utilité sociale agricole (FUSA), incubateurs d’entreprises agricoles, modèles de souveraineté alimentaire autochtone, etc.
Quelles résiliences?
Cette transition soulève des questions. Est-ce que les politiques publiques sont adaptées à cette nouvelle réalité? Quelle échelle de territoire (locale, régionale, provinciale) conviendrait le mieux, et pour faire quoi? Quels codes de référence communs permettraient d’intégrer les spécificités socioculturelles émergeant du territoire? Comment innover dans les pratiques et sur le terrain pour accompagner ces nouveaux modèles?
Dans ce monde agricole et agroalimentaire en transition, les impacts sont transversaux. Ce colloque souhaite donc faire avancer la réflexion en lien aux pratiques, tant avec les acteurs de la recherche qu’avec ceux qui sont engagés sur le terrain.
Titre du colloque :