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Pour une éducation artistique sonore citoyenne

PG

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Pascale Goday : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

En ce début de siècle, les phénomènes d’écoutes liés à l’apparition vertigineuse du numérique, marquent un "basculement dans l'ère de la profusion, de la portabilité et de l'accessibilité" des produits de consommation sonore (Perticoz, 2017; Granjon et Combes, 2007; Pecqueux, 2009), dans une société qui depuis l’ère industrielle s’enferme dans une pollution sonore croissante (Schafer, 1977). Le son continuellement présent dans nos vies, subit ou apprécié, nous enveloppe et nos oreilles ne peuvent y échapper. Comment ré-apprendre à mieux écouter, comment se réapproprier ce savoir-être ancestral que nous avons perdu (Ernst-Berendt dans Volcler, 2011), afin de mieux comprendre, les environnements sonores dans lesquels nous évoluons et aboutir à une « clairaudience » (Schafer, 1977) ou à une « perscuité auditive » (Mariétan, 2016) ?

À la croisée des arts, de la pédagogie et de l’éducation relative à l’environnement, la recherche intervention que j’entreprends dans le cadre de ma recherche doctorale se déroule en milieu scolaire et propose d’installer une écoute active et créative qui permettrait la découverte et la compréhension d’univers sonores non conventionnels (au regard de la norme musicale). Découvrir le « monde des sons et le monde par les sons » (Barbanti, 2016) permet de conscientiser l’élève-citoyen aux phénomènes relevant de l’écologie sonore.

Résumé du colloque

Dans sa dimension théorique, cette proposition s’appuie sur la recherche actuelle, qui met en évidence l’engagement social de l’art (Cauquelin, 2018; Fourmentraux, 2012; Lamoureux et Uhl, 2018; Zask, 2014). Par cette connexion avec les enjeux sociétaux, les arts représentent un terrain privilégié pour l’éducation (Kerlan et Langar, 2015; O’Farrell et Kukkonen, 2017), favorisant le développement d’une panoplie d’« éducations » : à la citoyenneté, à l’antiracisme, à l’inclusion, à la démocratie, à l’environnement, etc. Cette dynamique d’arrimage de l’enseignement artistique au nouveau paradigme de l’art a fait l’objet de la première édition de ce colloque (2019), offrant un espace de convergence entre divers acteurs œuvrant dans le domaine de l’art et de l’éducation. Dans la continuité de ces travaux, qui ont dressé « le fond de scène » de la problématique, nous nous proposons d’approfondir au cours d’un nouveau colloque en 2021 la réflexion sur des sujets touchant, grâce à l’expression artistique, à diverses questions socialement vives (QSV). Celles-ci visent des sujets d’actualité qui suscitent des controverses, attisent des émotions, mettent en concurrence des représentations et des intérêts divergents, interrogent les systèmes de valeurs (Audigier, 2007; Legardez et Simonneaux, 2006), sujets qui interpellent inévitablement l’artiste contemporain et qui finissent par remettre en question les pratiques des acteurs scolaires. Afin de proposer les meilleures pistes susceptibles de soutenir l’enseignement artistique dans une formule actualisée, nous nous penchons, d’une part, sur l’éducation liée à l’environnement (Ghouati, 2016; Planche, 2018; Ribotti, 2010; Sauvé, 2009; Simonneaux et Simonneaux, 2009), et plus spécifiquement sur la crise du climat; d’autre part, nous abordons la diversité humaine en nous interrogeant sur l’éducation au vivre-ensemble (Estivalèzes, 2016; Larochelle-Audet, Borri-Anadon et Potvin, 2016; Moldoveanu, 2009; Vatz Laaroussi, Tadlaoui et Gélinas, 2013).

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
Discutant-e- de la session : Vincent Bouchard-Valentine
section icon Date : 7 mai 2021

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