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David Breme : Université Laval
De 2017 à 2019, la presse a publié beaucoup d’articles liés aux sikhs du Québec ou du Canada, principalement pour des raisons politiques. En effet, l’appartenance au sikhisme du candidat NPD aux élections fédérales passées (Jagmeet Singh) ainsi que la présence de ministres sikhs dans le cabinet du gouvernement Trudeau ont fait couler beaucoup d’encre. Pourtant, très peu a été dit au sujet du sikhisme dans la presse à cette occasion.
Cette communication se fonde sur une analyse montrant, dans une perspective postcoloniale inspirée par Saïd (1978), Bhabha (2007) et Zeghiche (2011), ce qui se dit ou plutôt ce qui s’écrit sur les sikhs dans la presse, et plus spécifiquement dans les articles publiés par Radio Canada et CBC News durant cette période.
La question est de déterminer de quoi les sikhs sont le nom ou le prétexte sociopolitique. Plus profondément, il s’agit de penser, derrière les tensions palpables ou créées par la presse, quelles articulations du politique et du religieux sont en jeu dans ce contexte.
Afin d’étudier des formes de discours produits par Radio-Canada et CBC News sur les sikhs, une sélection de 40 articles a été faite du 10 octobre 2017 au 7 septembre 2019 en recherchant les articles répertoriés sous le mot clé « sikh ». Ces articles ont été catégorisés, puis confrontés à des discours de sikhs québécois interviewés à cette fin. Cette communication a pour objet de diffuser les résultats de cette analyse.
Dans un contexte de volatilité, d’incertitude, de complexité et d’ambiguïté (Nandram et Bindlish, 2017), les tensions qui émergent dans les démocraties suscitent divers bouleversements. Ces bouleversements qui se manifestent à notre époque poussent plusieurs acteurs sociaux à mobiliser la notion de vivre-ensemble comme cadre normatif de vie en commun. Ces positionnements normatifs interpellent les chercheur.e.s depuis plus d’une décennie (voir, par exemple, Perraton et Bonenfant, 2009). Les communications qui seront présentées lors de ce colloque chercheront à explorer les terrains de ces bouleversements et leur amplitude. Le colloque aborde notamment les questions suivantes : comment les acteurs de la société civile définissent-ils le vivre-ensemble? Comment cette notion est-elle mobilisée, mise en pratique et vécue dans la société et les organisations?
Ce colloque propose de se pencher sur cette problématique en tentant de cerner les contenus concrets et symboliques du vivre-ensemble, tout en explorant ses limites (en relevant ce qui ne concerne pas le vivre-ensemble dans les sociétés modernes). L’événement sera structuré selon trois axes : 1) droit et diversité; 2) entreprises et religions; et 3) identité et radicalisation. Chacun des axes orientera les contributions des participant.e.s en fonction de certaines thématiques. L’axe « droit et diversité » interpellera des chercheur.e.s qui travaillent, entre autres, sur les questions de la laïcité, de la langue et des cultures autochtones (le vivre-ensemble après l’adoption de la loi 21 au Québec ou à la suite de la Commission de vérité et réconciliation). L’axe « entreprises et religions » se concentrera sur les espaces ouverts par le religieux dans le monde du travail (les entreprises de tendance, l’intégration économique des immigrants dans un contexte pluriel). L’axe « identité et radicalisation » s’intéressera à l’émergence de la radicalité dans divers espaces démocratiques (populisme et montée des extrêmes, rôles et positionnements des médias face aux radicalismes, processus de radicalisation menant à la violence). Sans se limiter à ces exemples, les communications présentées s’inscriront en lien avec l’un de ces axes.
Tout en tentant de fournir des pistes afin de mieux comprendre les bouleversements sociaux et les chocs de valeurs que ces bouleversements entraînent, ce colloque vise également un objectif méthodologique en favorisant la présentation de recherches systématisant les analyses interdisciplinaires en provenance des sciences juridiques, de la sociologie, de l’anthropologie, de la théologie et des sciences des religions.
Nandram, Sharda S. et Puneet K. Bindlish (2017), Managing VUCA Through Integrative Self-Management: How to Cope with Volatility, Uncertainty, Complexity and Ambiguity in Organizational Behavior, Cham, Springer International Publishing.
Perraton, Charles et Maude Bonenfant (réd.) (2009), Vivre ensemble dans l’espace public, Québec, Presses de l’Université du Québec.
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