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Questions de regard(s) : une lecture de Pareil, mais différent/Genauso, nur anders de Jennifer Dummer

ED

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Emir Delic : Université Sainte-Anne

Résumé de la communication

« Occuper un point de vue face au monde, constate Alain Beltzung dans son Traité du regard (2008 [1998]), crée une réduction du champ de vision […] et une distance entre le spectateur et le spectacle. Dès lors se manifeste un désir : aimer, comprendre, c’est-à-dire, d’une certaine manière, s’approprier les choses » (p. 44). Or cet acte d’appropriation ou d’appréhension ne s’accomplit pas ex nihilo ; il se déploie en recourant aux connaissances acquises, allant des savoirs partagés aux lieux communs en passant par les intuitions, les peurs et les espoirs. N’empêche que, s’il est réellement mu par le désir de comprendre ce qui se montre devant lui, le sujet se doit d’être souple, disposé à remettre en question le déjà-vu et le déjà-connu. En outre, il a beau se placer « face » au monde qu’il observe, il n’en demeure pas moins de ce monde. Ainsi, son « regard » sur le monde, soit-il propre ou figuré, va de pair avec le regard qu’il pose ou repose sur lui-même. Dans cette communication, j’entends explorer cette dynamique heuristique entre extraspection et introspection dans Pareil, mais différent/Genauso, nur anders, recueil de nouvelles dirigé par Jennifer Dummer (2020). Mon objectif sera de montrer que le chassé-croisé de « regards » actualisé dans et par le recueil réussit tant à peindre un portait juste de la francophonie canadienne contemporaine qu'à faire valoir que les Franco-Canadiens et les Allemands ont plus en partage qu’on ne le soupçonnerait de prime abord.

Résumé du colloque

Pour souligner le 30e anniversaire de la réunification de l’Allemagne, ce colloque propose d’explorer les traces de l’Allemagne dans l’imaginaire canadien par une approche pluridisciplinaire s’intéressant à la fois aux origines de la présence allemande sur le territoire canadien, aux traces laissées par cette présence dans le temps, aux rapports entre le Canada et l’Allemagne et à l’influence qu’ont pu avoir certains grands changements sociopolitiques sur l’imaginaire canadien. Que ce soit par les nombreuses migrations allemandes en sol canadien, par les grands événements historiques survenus sur le territoire allemand, mais ayant eu des échos au Canada, par les échanges politiques ou simplement par l’influence d’écrivains allemands sur la littérature canadienne, le présent colloque vise à réfléchir sur les différentes traces allemandes ayant influencé la manière de se dire au Canada, principalement dans les espaces franco-canadiens.

Sur le plan littéraire, l’Allemagne apparaît souvent soit par la représentation de l’origine (comme dans les romans autobiographiques de Marguerite Andersen), soit par l’impact d’événements historiques (notamment avec la représentation de la chute du mur de Berlin chez des auteurs comme Éric Dupont ou Simon Lambert), soit par le traumatisme de la Deuxième Guerre mondiale (qu’a mis en scène le théâtre d’Emma Haché). Historiquement, on note que de nombreux Allemands ont migré au Canada au point d’y inscrire des traces visibles dans la géographie (West Berlin et East Berlin, en Nouvelle-Écosse) ou dans la culture locale (l’Oktoberfest de Kitchener, en Ontario, anciennement nommée Berlin). Sur le plan social et politique, les deux guerres mondiales, la présence militaire canadienne en Allemagne et l’image de l’effondrement du mur de Berlin ont certainement influencé la perception et l’évolution de l’autre allemand, et du même coup la perception et les mutations du soi canadien. Il ne s’agit que d’exemples proposés pour ce colloque.

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 7 mai 2021

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