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Rôle des tiers lieux dans la fabrique innovante des politiques publiques territoriales. Étude comparative de la métrologie citoyenne en France, Allemagne et Canada

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Anne Berthinier-Poncet : Conservatoire national des arts et métiers

Résumé de la communication

La fabrique des politiques publiques est reconnue comme un objet hybride, notamment en raison de l’intervention sur le terrain d’acteurs privés – entreprises, société civile, citoyens – qui influencent l’évolution des politiques publiques et participent à sa co-construction. Toutefois, la rencontre entre les citoyens désireux de faire évoluer leur territoire (quartier, ville, région) et les institutions publiques n’est pas toujours simple. Il faut parfois des acteurs ou lieux intermédiaires pour faciliter cette participation citoyenne à la construction de l’innovation publique. Les tiers-lieux jouent ce rôle de « middle-ground » créatif et constitutif de nouvelles façons de vivre le territoire. Notre communication interroge précisément le rôle des fablabs dans un mouvement récent d’innovation participative autour de la métrologie citoyenne. Nous identifions trois rôles principaux : l’intermédiation, la construction de connaissances collectives et la capacité d’empowerment. Au travers de cette grille d’analyse du design participatif, nous souhaitons comprendre comment les fablabs permettent aux citoyens de s’approprier une mesure individuelle de la pollution de l’air, de la comparer à la mesure officielle des pouvoirs publics et de faire ainsi évoluer les politiques menées sur la qualité de l’air. Notre recherche s’appuie sur trois études de cas : le réseau des Labfabs à Rennes (F), le OK Lab et Sensor Community à Stuttgart (Allemagne), et Communautique à Montréal (Canada).

Résumé du colloque

Les initiatives de métrologie dite « citoyenne » se sont multipliées dans le monde en s’appuyant de manière extensive sur des dispositifs numériques et sur des dynamiques polycentriques cohabitant, plus ou moins consensuellement, avec les approches soutenues par l’acteur politique et public, les institutions scientifiques ou les organismes de santé. Désignées comme des pratiques de « popular epidemiology », de « citizen science », de « street science » ou encore d’« enviro-tracking », ces mesures citoyennes concernent de nombreux thèmes : qualité de l’air et de l’eau, pollens, biodiversité, nuisances sonores et olfactives, îlots de chaleur, radiations... Ces quantifications des milieux s’accompagnent d’une quantification intensive du soi (notamment dans le domaine de la santé). La datafication des milieux se prolonge ainsi jusqu’à un questionnement des rapports d’échelles (perceptions de soi, perception endogène de son habitat, de son territoire étendu, etc.). Tout cela s’inscrit dans un mouvement de tissage continu des données, des objets et des corps et se déploie sur fond de désir de données liées aux économies politiques discutées, controversées, incertaines (Carmes et Noyer, 2015; Saleh, 2018). D’un point de vue international, il s’agit d’examiner les différentes configurations de ces pratiques (leur renforcement) : politiques (cohabitation des initiatives « instituées – instituantes » avec une métrologie autonome, processus de concernement et d’implication des habitants); communicationnelles (modalités d’interaction et de coopération, dynamiques communautaires, médiations…); sociocognitives et socionumériques (littératie des données, production et interprétation des données, création de connaissances, rapports profanes-experts, open data, civic tech, crowdsensing); participatives et rôle des tiers lieux (« labo citoyen », fab labs...); configurations techniques et sémiotiques (IOT, capteurs, mobiles, interfaces, design des données).

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 7 mai 2021

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