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Tensions dialogiques : L’élaboration interdisciplinaire d’un projet d’intervention par le théâtre auprès d’enfants qui bégaient

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Maud Gendron-Langevin : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

La présentation prend appui sur un projet de recherche portant sur la création d’ateliers de théâtre destinés à des enfants bègues entre 8 et 12 ans et leurs parents à l’Institut universitaire sur la réadaptation en déficience physique du CIUSSS CentreSudMtl. Dans ce projet, des professeurs en orthophonie, une professeure en théâtre et dramathérapeute, une psychologue, des orthophonistes cliniciennes, des étudiants et une spécialiste du théâtre auprès de personnes vivant avec une aphasie tentent de développer des ateliers de théâtre pour aborder les aspects psychosociaux et les objectifs de participation sociale des enfants avec un bégaiement. De ces rencontres émergent cinq tensions dialogiques que l’équipe tente d’articuler et d’analyser au regard des disciplines propres à chacun et en tenant compte des objectifs communs du projet de recherche-intervention : 1) Physicalité vs intellectualisation ; 2) Rôles définis vs transversalité ; 3) Groupe vs individu ; 4) Objectifs thérapeutiques vs objectifs théâtraux ; 5) Population précise vs population générale. Sachant que les ateliers développés ne sont pas nécessairement destinés à être donnés par des dramathérapeutes, la question des objectifs, des connaissances et des savoir-faire s’impose. Comment, donc, juxtaposer les expertises de manière cohérente, dans un souci éthique, pour que ce projet d’intervention par l’art soit réalisé à son plein potentiel thérapeutique peu importe l’intervenant qui le pilotera éventuellement ?

Résumé du colloque

L’intervention par l’art occupe une place de plus en plus importante dans différents milieux de la société québécoise. Pourtant, malgré sa popularité grandissante et ses bienfaits reconnus scientifiquement, elle demeure une pratique relativement isolée et peu connue par rapport aux types d’interventions plus traditionnels. Or, en raison de sa flexibilité et de son accessibilité, l’intervention par l’art a l’avantage de s’adresser à une clientèle variée et de s’adapter à la réalité de divers milieux. Elle permet ainsi d’atteindre des populations qui peuvent se trouver ou se sentir exclues des canaux d’intervention plus traditionnels.

Toutefois, les pratiques d’intervention qui font appel à des modalités artistiques se situent souvent en marge d’une pratique clinique conventionnelle, à moins qu’elles ne relèvent de professions dont l’expression artistique sous toutes ses formes est l’outil privilégié et officiellement annoncé. Au Québec, il est alors question d’art-thérapie (arts visuels), de musicothérapie, de dramathérapie et, plus récemment, de thérapie par la danse et le mouvement. Dans ces cas précis, la pratique clinique s’appuie sur un rationnel théorique, des données issues de la recherche et une longue tradition de pratiques s’inspirant à la fois du milieu artistique et de celui de l’intervention. Néanmoins, il importe de rappeler que ces disciplines sont en émergence et luttent pour leur reconnaissance.

Dans tous les cas, les connaissances sur les effets de l’intervention par l’art, la compréhension des différentes conditions permettant le déploiement optimal de ces initiatives et les limites de ces approches sont encore à parfaire. D’autres questions méritent aussi que l’on s’y attarde : qu’advient-il lorsque ces initiatives sortent du milieu clinique plus conventionnel pour se déployer dans des milieux alternatifs qui vont à la rencontre de personnes qui ne sont pas servies autrement? Comment adapter une pratique d’abord clinique à un cadre non clinique? Comment se définissent ces pratiques lorsqu’elles ne sont pas menées par des thérapeutes par les arts? Quels objectifs poursuivent-elles?

Comme pour toute discipline en émergence, les initiatives issues du terrain et élaborées de manière plus ou moins intuitive par des intervenants qui, peut-on le présumer, ont d’abord un intérêt personnel pour les arts, ne trouvent pas toujours écho auprès des chercheurs. L’inverse est aussi vrai : les chercheurs qui s’intéressent aux retombées de l’expression artistique sur les populations plus vulnérables doivent faire preuve de créativité pour faire reconnaître la pertinence de leurs sujets de recherche et, parfois même, pour obtenir la collaboration des milieux de pratique. Il est grand temps que ces deux univers se rencontrent, que les idées s’exposent au grand jour et soient mises en lumière à travers le spectre d’une multitude de points de vue : intervenants psychosociaux, thérapeutes par les arts et chercheurs.

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
Discutant-e- de la session : Ingrid Verduyckt Camille D'anjou
section icon Date : 7 mai 2021

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