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Émilie Parent : Cégep de Victoriaville
Les Atikamekw d’Opitciwan sont très préoccupés par l’insécurité alimentaire dans leur communauté. Ils travaillent donc à poser les bases d’une agriculture pérenne dans leur communauté. Pour y arriver, ils ont fait appel à l’expertise du CISA pour réaliser un Plan d’agriculture urbaine (PAU). Les activités du projet ont été réalisées à Opitciwan de 2018 à 2019. Les données ont été collectées dans la communauté durant trois séjours distincts par l’équipe de recherche. Grâce à ces données, le CISA a ensuite pu élaborer un diagnostic, puis un plan d’action pour les activités en agriculture urbaine à Opitciwan. Le PAU comprend les étapes suivantes : production, transformation, distribution, consommation et gestion des matières résiduelles. Le plan d’agriculture urbaine (PAU) s’est attardé davantage à l’aspect production. Il a permis de déterminer les actions nécessaires à poser pour développer l’agriculture à Opitciwan. À la lumière des travaux, des initiatives et des discussions ayant eu lieu autour de la réalisation du PAU, nous pouvons en conclure que la communauté souhaite mettre en place un système alimentaire territorialisé (SAT). Le SAT est un système alimentaire dont les composantes sont localement ancrées dans un espace géographique défini et forment un ensemble cohérent. La vision de la communauté est de retrouver une grande partie de son autonomie alimentaire dans les prochaines années.
Plusieurs projets conduits par le Centre d’innovation sociale en agriculture (CISA) illustrent tour à tour une transition en agriculture et en agroalimentaire, voire une bascule vers un renouvellement. Cette transition traverse les enjeux liés à la diversité des modèles agricoles et à la vitalisation des territoires.
La diversité des modèles
Le modèle unique traditionnel en agriculture chevauche d’autres modèles porteurs de possibilités, notamment pour laisser place à une relève agricole souvent non apparentée, provenant de différentes origines et ayant des parcours atypiques. Outre les modes d’établissement qui se diversifient, il en est de même pour les modèles de production et de mise en marché. Les plateformes numériques se multiplient pour vendre en circuits courts. Des créneaux apparaissent teintés de valeurs environnementales (agriculture raisonnée, biologique, urbaine, régénératrice, de petits fruits, de petits élevages, etc.).
La revitalisation des territoires
Ces projets émergents, souvent innovants et mobilisateurs, sont de véritables moteurs de revitalisation des territoires, des villes, des régions éloignées et nordiques. Face à l’ébullition des modèles agricoles et des canaux de vente, des porteurs de projets aspirent à changer les modèles établis. Dans cet élan, de nouveaux outils, leviers et dispositifs de mise en œuvre sont en cours d’expérimentation : laboratoires et territoires (MAPAQ), fiducies d’utilité sociale agricole (FUSA), incubateurs d’entreprises agricoles, modèles de souveraineté alimentaire autochtone, etc.
Quelles résiliences?
Cette transition soulève des questions. Est-ce que les politiques publiques sont adaptées à cette nouvelle réalité? Quelle échelle de territoire (locale, régionale, provinciale) conviendrait le mieux, et pour faire quoi? Quels codes de référence communs permettraient d’intégrer les spécificités socioculturelles émergeant du territoire? Comment innover dans les pratiques et sur le terrain pour accompagner ces nouveaux modèles?
Dans ce monde agricole et agroalimentaire en transition, les impacts sont transversaux. Ce colloque souhaite donc faire avancer la réflexion en lien aux pratiques, tant avec les acteurs de la recherche qu’avec ceux qui sont engagés sur le terrain.
Titre du colloque :