pen icon Colloque
quote

Une réhabilitation du concept de « classes sociales » nécessaire

CA

Membre a labase

Christelle Achard : Université de CaenNormandie

Résumé de la communication

La raréfaction du concept de classes sociales semble pouvoir trouver son explication dans l'évolution de la structure sociale de nos sociétés contemporaines. Elle se fait le reflet des changements à l’œuvre dans la construction des identités individuelles, qui sont de plus en plus mouvantes, dans un contexte de globalisation. Il en résulte une fragmentation de l'espace social, qui n'est pas pour autant synonyme de disparition des mécanismes de domination et de reproduction.

La tombée en désuétude de ce concept semble également être la traduction de la disparition, ou tout au moins, de la fragilisation, d'une « conscience de classe». Un phénomène lié à la mutation des clivages, et au processus de légitimation des inégalités sociales (passage du modèle d'une société intégratrice à une celui d'une société qui se veut inclusive).

Il apparaît primordial de réhabiliter le concept de classes sociales, afin de mettre à jour les mécanismes de domination qui tendent à être invisibilisés. Il convient d'analyser les raisons de son affaiblissement. Mettre à jour les inégalités sociales et les rapports de pouvoir qui en découlent (et y contribuent), c'est concourir à leur conscientisation - condition sine qua none à la (re)construction possible d'une « conscience collective ». Si certains cherchent à délégitimer cet état de fait, c'est sans doute parce que ces individus, « dominants », ont tout intérêt à cacher les mécanismes de domination qu'ils tiennent à faire perdurer.

Résumé du colloque

Au-delà de la disparition annoncée de manière récurrente des classes sociales, que faire aujourd’hui de ce concept fondamental en sciences sociales, aujourd’hui très peu utilisé ici comme ailleurs (Hugrée, Penissat et Spire, 2017)? Bien que le concept ne soit pas complètement disparu, nous avons l’impression que son usage sert davantage à délimiter un champ d’analyse (les classes populaires, par exemple), regroupant bien quelques indicateurs communs (revenu, scolarité, etc.), qu’à expliquer la vie en société. D’où la difficulté toujours présente d’articuler pour ainsi dire la raison statistique du sociologue à celle des enquêté.e.s. Est-ce en raison d’une conscience de classe absente que les classes sociales n’existeraient pas? Ou s’agirait-il d’une difficulté bien réelle des sociologues à analyser le classement effectué par les individus en société? Si la définition même de ce que seraient les classes sociales demeure problématique, les individus continuent pourtant à classer ou à catégoriser leur expérience sociale. Est-il par conséquent possible que ce soit la définition théorique usuelle des classes sociales, souvent réduite à des « conditions socio-économiques », qui ne permette plus de rendre compte de l’existence de classes sociales? Le colloque sera l’occasion de réfléchir à cette difficulté actuelle de penser les classes sociales, et ce, de différentes manières : 1) genèse de l’usage du concept de classes sociales en sciences sociales; 2) tentatives actuelles de réactualisation ou de redéfinition; 3) réflexions sur son usage dans les enquêtes sociologiques et anthropologiques en méthodologie tant quantitative que qualitative; et 4) façon de penser l’articulation de la diversité des rapports sociaux (de classes, de genre et d’ethnie ou de race, de nation, etc.). Est-ce que le concept de classes sociales peut encore contribuer à expliquer les mobilisations citoyennes actuelles à travers le monde?

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
news icon Thème du colloque :
Classes sociales et morphologie
section icon Date : 7 mai 2021

Découvrez d'autres communications scientifiques

news icon

Titre du colloque :

Classes sociales et morphologie

Autres communications du même congressiste :

news icon

Thème du colloque :

Classes sociales et morphologie