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Sophie Delvaux : Henallux
La Belgique francophone est engagée dans une réforme importante de son système éducatif : le Pacte pour un enseignement d’excellence. L’implémentation et l’opérationnalisation de dispositifs de différenciation constituent un axe majeur de ce décret.
Afin d’opérationnaliser les pratiques de différenciation, une expérience pilote visant à développer l’accompagnement personnalisé au premier degré commun du secondaire et à dénouer les obstacles à l’apprentissage a été mise en œuvre avec 35 écoles volontaires.
Plus spécifiquement, notre équipe de recherche a accompagné des enseignants issus de 10 écoles dans la création d’outils de différenciation d’une part, et d’autre part dans la mise en œuvre de dispositifs permettant l’accompagnement personnalisé au sein de leur école.
L’implémentation d’un nouveau dispositif au sein des écoles a nécessité un travail d’accompagnement des équipes enseignantes pour élaborer, mettre en œuvre, évaluer et réguler ces nouveaux dispositifs d’apprentissage. Cette expérience a ainsi permis d’analyser les processus à l’œuvre dans l’émergence de dynamiques collaboratives entre des enseignants et plus particulièrement entre des enseignants issus de disciplines différentes.
Aussi, dans le cadre de cette communication, nous présenterons les freins et les leviers à l’œuvre dans la dynamique collaborative interdisciplinaire qui se situent tant sur des niveaux institutionnels, organisationnels, groupaux, interpersonnels et individuels
Depuis une vingtaine d’années, les politiques éducatives des systèmes éducatifs francophones appellent les enseignants à se concerter de manière à améliorer leurs pratiques de classe et, in fine, l’apprentissage des élèves. Plus récemment, les injonctions au travail collaboratif se sont muées en la promotion de la participation des équipes éducatives à la gestion de l’établissement scolaire (Letor, 2021). À cette fin, les directions cherchent à mobiliser leurs équipes éducatives et leurs partenaires (Progin, Letor, Étienne et Pelletier, 2021).
De nouvelles configurations interdisciplinaires et interprofessionnelles de travail collaboratif s’organisent dans le cadre de projets transversaux, de partenariats entre institutions ou encore de missions hors de la classe (Kherroubi, 2017). Ce travail collaboratif « inter » (-disciplinaire, -niveau, -professionnel, -institution) semble soutenir la mise en place de nouvelles pratiques au sein des écoles ainsi que le développement professionnel des acteurs qui y prennent part (Letor, 2008; Biémar et al., 2020). Il constitue dès lors un enjeu important pour le développement des organisations scolaires. Au-delà des facteurs socioorganisationnels mis en évidence (Chen et Mitchell, 2015; Bouchamma, 2019), nous souhaitons porter un regard spécifique sur le soutien ou l’accompagnement apporté au travail collaboratif, qu’il soit pris en charge par un acteur tiers interne (directeur, coordinateur) ou externe à l’établissement. Comment ce soutien ou cet accompagnement se met-il en place? Par qui est-il pris en charge? Quelles en sont les caractéristiques? Dans quelle temporalité s’inscrit-il? Quels en sont les impacts sur les plans individuel, groupal, organisationnel ou institutionnel tant du côté de la personne qui accompagne que du côté des personnes accompagnées?
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