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Sylvia Coutat : Université de Genève
Notre étude porte sur l’enseignement et l’apprentissage du repérage dans le plan et dans l’espace où à la croisée des mathématiques et de la géographie, les élèves du début du primaire sont amenés à apprendre à se situer dans l’espace qui les entoure et à situer des objets de cet espace relativement à différents points de repères dans le but de s’y déplacer. Dans la lignée de (Brousseau, 1983), la thèse, maintenant ancienne de Berthelot et Salin (1999) a permis de mieux cerner les enjeux scolaires des connaissances spatiales. Néanmoins, de nombreux travaux de psychologie (Denis, 2016) et l’évolution des technologies, aussi bien des GPS et de Google que des jeux vidéos, nécessitent que de nouveaux travaux soient menés en didactique des mathématiques (Coutat, 2020). Dans le cadre d’un projet de recherche (SPAGEO-Subside FNS n°100019_188947/1), en lien avec des psychologues et des chercheur.es en technologie, nous avons conçu une ville virtuelle, et expérimentons une ingénierie didactique auprès d’une cohorte d’une centaine d’élèves, que nous suivons sur trois années (grades 2, 3 et 4). Dans notre présentation, nous nous focaliserons sur l’analyse de messages écrits, produits par des élèves de 7 ans pour décrire un trajet dans cette ville virtuelle, en nous appuyant sur divers travaux et cadres théoriques, dont ceux des registres sémiotiques (Duval, 1993), de spatial orientation (Clements, 1999) et des connaissances spatiales (Marchand, 2020).
De nombreux enseignants considèrent la géométrie (y compris tridimensionnelle) comme un domaine difficile à enseigner (Beauset et Duroisin, 2021; Bertolo, 2013). Ces derniers rencontrent notamment des difficultés à percevoir les enjeux et les finalités de ce domaine particulier (Bulf et Mathé, 2018). Pourtant, développer chez les élèves des compétences géométriques et spatiales est essentiel pour la vie quotidienne et la suite du parcours scolaire et professionnel (Gentaz et al., 2009).
Il est ainsi indispensable de se questionner sur la manière dont les enseignants proposent les contenus géométriques qui tiennent compte des difficultés rencontrées par les élèves et des obstacles à l’apprentissage, et sur la formation qu’il convient d’apporter aux enseignants pour ce domaine. L’objectif de ce colloque est de permettre à différents intervenants d’exposer leurs travaux de recherche, leurs expériences et leurs réflexions dans le domaine de l’enseignement de la géométrie (y compris les points de vue didactique et pédagogique) afin de caractériser les enjeux de la problématique, de discuter des résultats de recherche et de présenter quelques-unes des perspectives.
Ce colloque souhaite ainsi proposer une réflexion approfondie sur un champ d’études trop peu investigué (la priorité étant souvent laissée aux contenus mathématiques de type arithmétique), à savoir l’enseignement de la géométrie. Les recherches actuelles démontrent que l’enseignement de contenus géométriques doit être réalisé dans certaines conditions, en utilisant des matériaux variés et parfois connectés et en accordant une place suffisante aux théories issues de la psychologie cognitive et de la psychologie développementale. Les résultats des recherches présentées lors de ce colloque permettront de documenter la problématique de l’enseignement de la géométrie par le biais de recherches menées en didactique, en psychologie et en sciences de l’éducation. L’objectif est également de réfléchir à un modèle théorique et pratique qui apportera un nouvel éclairage à la communauté scientifique sur cette thématique. Cet éclairage est nécessaire pour repenser la formation initiale et continue des enseignants en tenant compte de la réalité actuelle de la profession.
Ce colloque sera l’occasion d’aborder, grâce à huit communications s’intéressant à l’enseignement de la géométrie, plusieurs enjeux importants pour l’enseignement et l’apprentissage du domaine.
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