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Christian Hébert : Ressources naturelles Canada
Malgré son isolement, l’île d’Anticosti a fait l’objet de plusieurs inventaires entomologiques depuis 150 ans. Le papillon à queue courte, une espèce inféodée au nord-est du Canada y est commune et a été rapportée dès 1872 par le naturaliste William Couper. Par ailleurs, la présence du Bombus terricole et de la Coccinelle à bandes transverses, deux espèces dont le statut est aujourd’hui qualifié de préoccupant par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, était rapportée en 1904 dans la monographie de Joseph Schmidt. Dans un inventaire réalisé par le Dr Luc Jobin en 1993 dans neuf peuplements forestiers d’Anticosti, plus de 160 espèces de Lépidoptères et 225 espèces de Coléoptères ont été répertoriées. Cet inventaire a révélé une abondance surprenante d’un longicorne rare dans les sapinières vierges de la portion Centre-Sud de l’île. Par ailleurs, dans un mémoire de maîtrise, Pierre-Marc Brousseau rapporte 279 espèces d’insectes, dont 109 espèces de Syrphes, une des 70 familles de mouches. Enfin, une expédition de quelques semaines seulement, réalisée en 1997 dans les deux réserves écologiques de l’île, a permis de répertorier 26 des 150 espèces d’Odonates du Québec, incluant la Cordulie de Robert, une espèce rare découverte en 1953 au nord du village de Mistassini. Ces inventaires montrent que les écosystèmes naturels de l’île d’Anticosti, autant terrestres qu’aquatiques, présentent un grand intérêt pour la biodiversité entomologique.
Aujourd’hui, Anticosti entre dans une nouvelle ère qui vise à faire de l’île non plus un trésor bien gardé, mais une source d’émerveillement pour le monde entier. Les démarches que la municipalité de L’Île-d’Anticosti et ses nombreux partenaires mènent auprès de l’UNESCO pour son inscription sur la Liste du patrimoine mondial constituent une occasion pour la protection, la conservation et la mise en valeur de ses patrimoines naturel et culturel.
Sur le plan scientifique, la candidature d’Anticosti a été sélectionnée en raison de deux attributs naturels pertinents à la géologie : les attributs stratigraphiques (« histoire de la Terre ») et paléontologiques (« témoignage de la vie »). L’île d’Anticosti est le meilleur laboratoire naturel du monde pour l’étude des fossiles et des couches sédimentaires de la période allant de l’Ordovicien au Silurien, il y a environ 445 millions d’années. Anticosti bénéficie également de nombreux attributs qui en font un lieu extraordinaire pour les amateurs de nature et d’histoire : canyons, grands espaces sauvages, tourbières, rivières à saumon, phares et épaves abandonnés, maisons patrimoniales, etc. Anticosti est un symbole d’une grande nature sauvage où cohabitent faune et présence de l’humain.
En partenariat avec les milieux scientifiques, gouvernementaux et autochtones, la Municipalité de L’Île-d’Anticosti veut mettre en valeur et partager des connaissances sur l’histoire, la culture et les écosystèmes ainsi que présenter au monde entier la valeur universelle exceptionnelle des fossiles d’Anticosti. Ce colloque veut offrir une tribune collective qui permettra de réfléchir et de dégager des pistes d’action qui contribueront au développement durable d’Anticosti en s’appuyant sur le savoir et la recherche.
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