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Circularité de textiles : la nécessité des nouvelles approches innovantes

ET

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Ennouri Triki : Cégep Marie-Victorin

Résumé de la communication

Au Québec, le système de production de vêtements prend la forme d’un modèle dit linéaire: Extraire – Transformer – Distribuer – Consommer – Jeter. Ce système linéaire encourage (i) la surconsommation et (ii) le gaspillage – les déchets – l’enfouissement de vêtements en fin de vie. Il est à noter qu’à la croissance massive et exponentielle de déchets textiles s’ajoute la quasi-absence de leur revalorisation; c’est-à-dire très peu de déchets sont recyclés. Face à cette situation, l’équipe de Vestechpro, en collaboration avec Renaissance Montréal, a entamé une démarche basée sur la hiérarchie 3RVE de l’économie circulaire. Dans ce projet, des solutions, axées principalement sur la Réduction à la source, le Réemploi et le Recyclage, sont proposées afin de réduire la quantité de déchets textiles enfouis au Québec. Le projet commence par le développement d’un guide de consommation responsable du vêtement incluant (i) un aperçu sur la consommation de textiles au Québec, (ii) un exemple d’analyse de cycle de vie d’un vêtement, (iii) une analyse du marché de vêtements de seconde main et (iv) des initiatives de sensibilisation des consommateurs. La démarche s’appuiera également sur des activités de R&D liées au recyclage mécanique à l’aide de la défibreuse de Vestechpro. Ces activités de recyclage comprennent (i) une étude exhaustive de gisements textiles, (ii) des tests de transformation mécanique des étoffes en fibres et (iii) la création subséquente de nouveaux débouchés recyclés.

Résumé du colloque

L’économie circulaire fait de plus en plus consensus sur le plan international comme système de production et de consommation capable, du moins en théorie, de rallier les impératifs économiques, environnementaux et sociaux et de contribuer massivement à la rencontre des objectifs globaux de réduction des GES, de même qu’à certains objectifs de développement durable du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE). Porté par les grandes instances internationales (PNUE, OCDE, Fonds pour l’environnement mondial, Institut des ressources mondiales, Organisation internationale du travail, etc.), ce modèle économique n’a toutefois, jusqu’à présent, jamais été déployé à grande échelle. Ainsi, alors que le taux de circularité de l’économie mondiale ne serait que de l’ordre de 8,6 % sur les 100 milliards de tonnes de matières qui alimentent annuellement l’économie, des scientifiques soutiennent que doubler ce taux permettrait d’atteindre les objectifs de l’Accord de Paris. Au Québec, la situation est encore plus dramatique, car le taux de circularité, dévoilé par un rapport rendu public au printemps 2021 par RECYC-QUÉBEC, ne serait que de 3,5 %, soit moins de la moitié du taux de circularité mondial. Les Québécois seraient donc parmi les champions du gaspillage, avec une consommation moyenne de ressources par habitant de l’ordre de 32 tonnes par an, comparativement à la moyenne mondiale qui se situerait aux alentours de 12 tonnes. La surconsommation de ressources entraîne son lot d’impacts environnementaux (émissions de GES, pollution en tout genre, perte de biodiversité, destruction des écosystèmes, etc.), mais également sociaux (impacts sur la santé, surendettement, inflation, etc.). La pertinence d’une transition vers l’économie circulaire ne fait aucun doute, mais les barrières à son accession sont nombreuses et nécessitent une approche systémique pour les lever en toute cohérence. Sur le plan de la recherche, de nouvelles approches collaboratives sont à élaborer et de nouvelles technologies et politiques publiques sont à développer. Sur le plan de la formation, de nouveaux cursus sont à concevoir.

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
section icon Date : 9 mai 2022

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