Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Marie-Claude Salvas : UQO - Université du Québec en Outaouais
Si l’ouverture à la diversité est valorisée dans le programme de formation de l’école québécoise, elle amène son lot de défis pour les élèves qui l’incarnent en ce qui a trait notamment à leur capacité à intégrer le groupe de pairs en classe (Burkholder et al., 2019). Les études montrent en fait que les enfants présentant des identités ou attributs qui les distinguent des autres sont plus à risque d’éprouver des difficultés d’inclusion sociale que leurs pairs ne partageant pas ces marqueurs de diversité (Juvonen et al., 2019). Sachant que le personnel enseignant se sent parfois démuni face aux stratégies à déployer pour soutenir l’inclusion sociale des élèves de la diversité, et ce, en dépit des programmes d’éducation qui reflètent l’importance de soutenir cet aspect pour favoriser la réussite éducative, une réflexion s’impose sur la manière d’accompagner ce personnel pour qu’il puisse jouer son rôle de facilitateur des relations sociales à l’école. Des résultats soutiennent à cet égard que les interventions réalisées auprès du groupe-classe, plutôt que celles centrées sur l’élève en difficulté, peuvent avoir des retombées positives sur ce phénomène (Mikami et al., 2012). Cette présentation s’intéresse donc à l’inclusion sociale des élèves qui présentent des marqueurs de diversité en posant un regard critique sur les pratiques enseignantes en soutien aux relations sociales et à l’établissement d’un climat de classe positif, et ce, dans une perspective d’éducation inclusive.
Depuis quelques décennies, le Canada tend vers le développement de systèmes éducatifs ancrés dans un paradigme d’éducation inclusive, chacune des provinces étant à des étapes différentes de ce processus (LISIS, 2012). Ce dernier vise à répondre de façon équitable aux besoins des élèves en étant inclusif de leurs diversités (ex. : situation de handicap, diversité socioculturelle, linguistique, de genre, etc.) (Potvin, 2014), le personnel enseignant occupant un rôle central dans ce processus (Fortier et al., 2018).
Ainsi, dans son emploi, le personnel enseignant est amené à assumer des tâches qui varient selon les réalités et les parcours diversifiés de leurs élèves (Mukamurera et al., 2019). Néanmoins, ces tâches plurielles peuvent parfois alimenter un haut taux de stress vécu par plusieurs au quotidien (TALIS, 2018). La lourdeur du travail enseignant, pouvant être perçue d’un point de vue quantitatif (ex. : nombre de tâches assumées) et qualitatif (ex. : ressources nécessaires), a fréquemment été étudiée (voir Tardif, 2013). Si plusieurs régions dans le monde observent ces phénomènes (García-Arroyo et al., 2018), le Canada n’y fait pas exception. Par ailleurs, la pandémie de COVID-19 a contribué à ébranler la santé mentale du personnel enseignant déjà fragilisée (Sokal et al., 2020).
Afin de favoriser le bien-être du personnel enseignant ainsi que la mise en place d’une éducation inclusive, plusieurs écrits soulignent la nécessité de s’appuyer sur la responsabilité collective de la communauté éducative (CSE, 2017 et 2020). Le présent colloque vise à créer une vue prismatique sur divers environnements et stratégies susceptibles de soutenir le travail enseignant dans des sociétés qui tendent vers l’éducation inclusive : par le milieu scolaire, la communauté ou les familles, par les pratiques ou les dispositifs mis en place dans la classe, par la formation initiale et continue, et ce, dans différents contextes de la francophonie canadienne.
Le corpus de recherches qui superpose les enjeux du bien-être et du travail enseignants, ainsi que l’éducation inclusive en dépassant le champ de l’adaptation scolaire, en englobant toutes les diversités des élèves (Bauer et al., 2019) est ténu. Si ces deux thématiques sont étudiées dans divers contextes particuliers, elles ne sont que rarement abordées dans une perspective pancanadienne. Ainsi, nous souhaitons favoriser une réflexion commune entourant la question suivante : comment être inclusifs au vu des besoins de chacun des élèves sans se sentir dépassés par le travail que cela semble représenter? En ce sens, avec les pénuries actuelles du personnel scolaire qui sévissent dans la francophonie canadienne (Sirois et al., 2021), il paraît nécessaire de s’appuyer sur les ressources déjà présentes dans chacun des milieux scolaires afin de soutenir le travail enseignant dans la mise en place d’une éducation inclusive.
Titre du colloque :
Thème du colloque :