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De la divisibilité de la culture française, analyse anthropologique sémiotique d’une rencontre frontalière (Montagne bourbonnaise, Allier, France)

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Félix Danos : ENS de Lyon

Résumé de la communication

L’un des principaux processus sémiotiques ayant permis de façonner des citoyens français à partir de fondements paysans (Weber, 1976) fut d’enseigner aux enfants ruraux à aimer leurs « petites patries », leur pays, avant de (ou afin de) les faire aimer la Grande Patrie, au point de mourir pour elle (Thiesse, 1997). Reportant un rapport au territoire à différentes échelles (du local au national, suivant un processus de récursivité fractale au sens de Gal & Irvine, 2019) la notion de « petites patries » a eu pour effet quelque peu paradoxal de délégitimer les particularismes, et d’ancrer l’idée d’une France une et indivisible. Amenant à une hiérarchie implicite entre un centre et une périphérie, ce processus engendrera l’effacement de pratiques sémiotiques (dont langagières, épistémiques et culturelles) dans les milieux ruraux. Néanmoins l’analyse anthropologique-sémiotique (au sens de Parmentier, 2016) d’une interaction entre un chercheur citadin et une agricultrice dans la Montagne bourbonnaise, au nord du Massif Central permettra de mettre en évidence des marques d’altérité radicale (Povinelli, 2001, 2006) témoignant de l’historicité de rencontres interculturelles endogènes au centre de la France.

Résumé du colloque

Les études sémiotiques et l’anthropologie connaissent des recoupements disciplinaires évidents, qui ne sont toutefois pas toujours reconnus ou travaillés comme tels. Toutes deux constituent des champs disciplinaires très vastes, qui comprennent des sous-domaines d’étude relativement autonomes, dont l’objet est dans tous les cas multiforme. Si l’anthropologie étudie l’humain, les sociétés et les cultures humaines, elle multiplie pour ce faire ses focales, ses méthodes, ses approches et ses visées, se penchant tant sur le processus biologique d’hominisation et les vestiges archéologiques des sociétés passées que sur la dimension symbolique et les diverses pratiques inhérentes aux cultures et sous-cultures contemporaines. De leur côté, les études sémiotiques traitent des signes et des médiations au moyen desquels les êtres vivants communiquent, interprètent et organisent le monde symbolique et pratique dans lequel ils évoluent au quotidien. En restreignant l’objet de la sémiotique à la sphère d’influence de l’activité humaine, et en considérant l’activité signifiante comme base de toute interaction humaine, nous posons que signe et sens commun forment un seuil pour l’étude des pratiques et des cultures humaines. Mais encore faut-il montrer la pertinence d’établir un seuil aussi fondamental. Ce colloque invite les chercheurs·euses œuvrant en sémiotique, en anthropologie (ou disciplines connexes : ethnologie, linguistique, sociologie, arts et lettres, communication, etc.) à venir partager l’état de leurs recherches et travaux sur les signes humains. Nous intéressent : les pratiques sémiotiques ordinaires, politiques ou artistiques, et plus largement les systèmes de signes, de croyances et l’implication des axiologies sur les échanges et la circulation des biens symboliques dans l’espace public, au sein des groupes humains et des cultures, les méthodes d’enquête en vue d’étudier de tels phénomènes aussi bien que les excursions théoriques qui en découlent.

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
manager icon Responsables :
Simon Levesque
section icon Date : 9 mai 2022

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