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Caroline Bulf : FRANCE
Actuellement, nombreux sont les travaux en didactique de la géométrie qui étudient des situations fondamentales pour l’enseignement-apprentissage du domaine (Mathé et al., 2020). Nous postulons que certaines de ces situations offrent des conditions idoines pour lever des obstacles liés aux tensions entre géométrie physique et géométrie théorique, en élaborant un contrat attaché à une géométrie – dite des tracés – qui s’appuie « sur la reproduction instrumentée de figures pour avancer vers la conceptualisation des objets de la géométrie théorique » (Mathé et al., ib., p. 56). Par ailleurs, des travaux ont mis en évidence des pratiques différenciées et différenciatrices de l’enseignement de la géométrie (Chesnais, 2018 ; Bulf & Celi, 2020), notamment dues à leur grande complexité. En particulier, les travaux s’intéressant aux pratiques d’enseignant·e·s, qui mettent en œuvre des situations fondamentales, pointent les difficultés éprouvées à investir les enjeux potentiels portés par les variables didactiques (Mangiante, 2021). Notre communication s’inscrit dans ce contexte et s’appuie sur l’analyse de séances de classe, en France, qui suscitent des difficultés pour les enseignant·e·s ainsi que pour les élèves. Nous cherchons à mettre au jour en quoi une analyse de l’agir enseignant (Bucheton & Soulé, 2009) peut aider à décrire des gestes professionnels spécifiques de cette façon d’enseigner la géométrie et offrir ainsi des points d’appui pour la formation des enseignant.e.s.
De nombreux enseignants considèrent la géométrie (y compris tridimensionnelle) comme un domaine difficile à enseigner (Beauset et Duroisin, 2021; Bertolo, 2013). Ces derniers rencontrent notamment des difficultés à percevoir les enjeux et les finalités de ce domaine particulier (Bulf et Mathé, 2018). Pourtant, développer chez les élèves des compétences géométriques et spatiales est essentiel pour la vie quotidienne et la suite du parcours scolaire et professionnel (Gentaz et al., 2009).
Il est ainsi indispensable de se questionner sur la manière dont les enseignants proposent les contenus géométriques qui tiennent compte des difficultés rencontrées par les élèves et des obstacles à l’apprentissage, et sur la formation qu’il convient d’apporter aux enseignants pour ce domaine. L’objectif de ce colloque est de permettre à différents intervenants d’exposer leurs travaux de recherche, leurs expériences et leurs réflexions dans le domaine de l’enseignement de la géométrie (y compris les points de vue didactique et pédagogique) afin de caractériser les enjeux de la problématique, de discuter des résultats de recherche et de présenter quelques-unes des perspectives.
Ce colloque souhaite ainsi proposer une réflexion approfondie sur un champ d’études trop peu investigué (la priorité étant souvent laissée aux contenus mathématiques de type arithmétique), à savoir l’enseignement de la géométrie. Les recherches actuelles démontrent que l’enseignement de contenus géométriques doit être réalisé dans certaines conditions, en utilisant des matériaux variés et parfois connectés et en accordant une place suffisante aux théories issues de la psychologie cognitive et de la psychologie développementale. Les résultats des recherches présentées lors de ce colloque permettront de documenter la problématique de l’enseignement de la géométrie par le biais de recherches menées en didactique, en psychologie et en sciences de l’éducation. L’objectif est également de réfléchir à un modèle théorique et pratique qui apportera un nouvel éclairage à la communauté scientifique sur cette thématique. Cet éclairage est nécessaire pour repenser la formation initiale et continue des enseignants en tenant compte de la réalité actuelle de la profession.
Ce colloque sera l’occasion d’aborder, grâce à huit communications s’intéressant à l’enseignement de la géométrie, plusieurs enjeux importants pour l’enseignement et l’apprentissage du domaine.
Titre du colloque :