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Marie Toullec-Théry : Nantes Université
Avec l’avènement d’une école inclusive, l’institution française crée un éventail de missions en soutien à la scolarisation d’élèves dits « à besoins éducatifs particuliers ». Depuis 2017, les enseignants spécialisés endossent ainsi une nouvelle mission de personne-ressource (PR) et les options spécifiant jusque lors leur champ d’action disparaissent (comme l’option E, centrée sur la grande difficulté scolaire, ou l’option D, centrée sur le handicap). Ces PR interviennent principalement auprès des enseignants de classes ordinaires.
Si le périmètre d’action de ces personnes-ressources est défini dans les textes réglementaires en huit modalités, un questionnaire renseigné par 192 PR atteste que les pratiques sont disparates (Granger, Toullec-Théry et Bourdon, soumis). Une analyse statistique implicative de ce questionnaire (Leroyer et Midelet, en cours) montre, de plus, que des positionnements différents existent entre PR, selon la nature du poste spécialisé qu’ils occupent.
Pour approfondir les réponses au questionnaire, nous avons mené des entretiens individuels avec des PR. Dans cette communication, nous en analyserons quatre pour déceler, 1) ce que chaque PR enquêté décrit comme pratique significative, mais aussi 2) ce qui fait, selon chacun, les écarts entre les huit modalités prescrites et ses mises en œuvre effectives et 3) ce que chacun envisagerait comme stratégies différentes qui pourraient se produire dans d’autres circonstances (raisonnement par contrefactuels).
Pour offrir une éducation de qualité, la forme scolaire se réinvente et on voit apparaître différents rôles et fonctions d’acteurs en soutien à l’éducation inclusive. C’est le cas de la fonction des enseignants-ressources (ER) au Québec qui ont pour mission de faciliter la scolarisation inclusive d’élèves à besoins particuliers dans les classes ordinaires au secondaire depuis 2006. Cette fonction comporte de nombreux défis même si elle existe depuis 15 ans et qu’elle fait l’objet de recherche et d’accompagnement au Québec (Granger, 2012; Dubé et Granger, 2014; Granger et Tremblay, 2019; Tremblay et Granger, 2020; Granger et Tremblay, soumis). En France, la fonction de personne-ressource (PR) est apparue en 2017, mais n’est pas très bien définie non plus, laissant aux enseignants qui occupent ce poste la tâche ingrate de se définir (Toullec, 2017; Bourdon, 2020; Leroyer et Midelet, 2020). Cette ambiguïté mérite d’être creusée puisqu’il s’agit d’un service de soutien offert à l’élève, et indirectement à l’enseignant, dans une visée de réussite scolaire et éducative. La concertation et la collaboration attendues entre l’ER ou le PR et l’enseignant de la classe, voire avec d’autres acteurs scolaires qui interviennent auprès de l’élève, constituent un élément de complexité supplémentaire qui mérite d’être étudié (Tremblay et Granger, 2018; Granger et Tremblay, 2019). Dans le but de comparer les rôles, les fonctions, les modalités de mise en œuvre et les dispositifs qui prennent forme sur le terrain, une recherche comparative France-Québec a été amorcée en 2020. Il s’agit de convier les chercheurs, d’ici et d’ailleurs, qui se sont intéressés à ces fonctions en vue d’explorer les contours de ces métiers de soutien à l’élève en vue de mieux accompagner les milieux qui souhaitent optimiser leurs pratiques dans une perspective inclusive. L’approche comparative permettra de préciser les aspects contextuels et identitaires qui caractérisent ces fonctions ainsi que les types de ressources et d’organisation du travail relevés, de part et d’autre de l’Atlantique.
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