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Fast fashion: destruction des invendus et politiques publiques

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Pedro Cybis : Polytechnique Montréal

Résumé de la communication

Caractérisée par un cycle rapide des tendances et une production accélérée des vêtements, la mode rapide (fast fashion) est une forme d’obsolescence programmée : la vie utile des articles est diminuée et le besoin de nouveaux produits augmente. Cette communication se penche sur ce phénomène et, particulièrement, sur la génération d’invendus. Les politiques publiques démontrent un fort potentiel pour l’adoption de stratégies circulaires. Nous posons donc la question : quel serait l’impact de politiques publiques sur la production de la mode et la génération d’invendus ? Dans ce modèle théorique, un monopoleur choisit la taille de sa collection, ainsi que la quantité qui sera vendue à prix régulier et en solde à la fin de la saison. Nous travaillons avec l’hypothèse que les consommateurs sont sensibles à la nouveauté (donc peuvent payer plus pour un produit en début de saison) et que le renouvellement fréquent des collections attire plus de consommateurs. À ce modèle s’ajoute une série de politiques publiques, notamment une taxe sur le traitement des invendus et une responsabilité élargie des producteurs. La question de la mode rapide étant très peu traitée dans la littérature, nous anticipons voir émerger certains effets indésirables dans l’application de politiques pourtant traditionnelles. L’objectif de ce papier est de proposer des politiques publiques qui tiendront compte des phénomènes particuliers sous-jacents à cette industrie.

Résumé du colloque

L’économie circulaire fait de plus en plus consensus sur le plan international comme système de production et de consommation capable, du moins en théorie, de rallier les impératifs économiques, environnementaux et sociaux et de contribuer massivement à la rencontre des objectifs globaux de réduction des GES, de même qu’à certains objectifs de développement durable du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE). Porté par les grandes instances internationales (PNUE, OCDE, Fonds pour l’environnement mondial, Institut des ressources mondiales, Organisation internationale du travail, etc.), ce modèle économique n’a toutefois, jusqu’à présent, jamais été déployé à grande échelle. Ainsi, alors que le taux de circularité de l’économie mondiale ne serait que de l’ordre de 8,6 % sur les 100 milliards de tonnes de matières qui alimentent annuellement l’économie, des scientifiques soutiennent que doubler ce taux permettrait d’atteindre les objectifs de l’Accord de Paris. Au Québec, la situation est encore plus dramatique, car le taux de circularité, dévoilé par un rapport rendu public au printemps 2021 par RECYC-QUÉBEC, ne serait que de 3,5 %, soit moins de la moitié du taux de circularité mondial. Les Québécois seraient donc parmi les champions du gaspillage, avec une consommation moyenne de ressources par habitant de l’ordre de 32 tonnes par an, comparativement à la moyenne mondiale qui se situerait aux alentours de 12 tonnes. La surconsommation de ressources entraîne son lot d’impacts environnementaux (émissions de GES, pollution en tout genre, perte de biodiversité, destruction des écosystèmes, etc.), mais également sociaux (impacts sur la santé, surendettement, inflation, etc.). La pertinence d’une transition vers l’économie circulaire ne fait aucun doute, mais les barrières à son accession sont nombreuses et nécessitent une approche systémique pour les lever en toute cohérence. Sur le plan de la recherche, de nouvelles approches collaboratives sont à élaborer et de nouvelles technologies et politiques publiques sont à développer. Sur le plan de la formation, de nouveaux cursus sont à concevoir.

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
section icon Date : 9 mai 2022

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