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Grossesse et comportements alimentaires : une période critique

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Anne-Sophie Morisset : Université Laval

Résumé de la communication

« Être enceinte, j’ai pas l’impression que mon corps m’appartient ». Voilà qui traduit bien comment la grossesse peut être une période sensible dans la vie d’une personne. On pense notamment à tous les changements physiques que celle-ci peut vivre, mais pas souvent à toutes les composantes psychologiques qui s’en trouvent affectées. En effet, cette période unique, durant laquelle la personne reçoit une multitude de recommandations et de conseils de toutes parts, est associée à une plus grande anxiété pour plusieurs. De plus, la grossesse génère souvent un sentiment d'impuissance face à l’évolution du poids corporel, ceci pouvant affecter l’image corporelle. Les professionnels de la santé se sentent d’ailleurs démunis par rapport aux préoccupations qu’a leur clientèle à l’égard du poids durant cette période. Les comportements alimentaires adoptés en réponse à cette vulnérabilité peuvent donc fluctuer. Certaines personnes restreignent leur alimentation alors que d’autres vivent plutôt de la culpabilité à la suite d’excès alimentaires perçus. « J’suis allée au restaurant en fin de semaine, pis tsé, j’avais vraiment trop mangé… j’avais hâte au lendemain pour que ce sentiment de culpabilité cesse ». En résumé, la grossesse amène son lot de défis quant aux comportements alimentaires adoptés lors de cette période critique et déterminante de la santé des futures générations.

Résumé du colloque

On connaît bien les liens qui existent entre la qualité de l’alimentation et la santé. On sait par ailleurs que la saine alimentation ne se mesure pas uniquement par la qualité nutritionnelle des aliments qu’on ingère. La manière de se comporter envers les aliments est également un élément essentiel à considérer lorsqu’on s’intéresse aux facteurs qui favorisent la santé physique et mentale.

Les comportements alimentaires sont influencés par des besoins physiologiques, mais également par des besoins psychologiques et sociaux. Certaines personnes sont caractérisées par des comportements alimentaires flexibles et intuitifs qui s’adaptent à différents contextes. Pour d’autres, la rigidité, l’impulsivité, la préoccupation excessive envers les aliments et la détresse caractérisent leurs comportements alimentaires, ce qui ouvre la porte au développement de certains troubles de conduites alimentaires. L’anorexie, la boulimie et les accès hyperphagiques sont des troubles médicalement reconnus. Certains autres problèmes tels que l’orthorexie et la « mommyrexie » ne possèdent pas de critères diagnostiques officiels, mais sont tout de même extrêmement préoccupants.

La relation entretenue avec la nourriture et l’acte de manger se développe tout au long de la vie et est influencée par différents contextes. Par exemple, l’introduction de nouveaux aliments chez les enfants et les tensions que cela peut générer au sein des familles peut rendre plus difficile l’atteinte d’une relation agréable avec la nourriture. À l’adolescence, l’influence des pairs, l’insatisfaction corporelle et les fluctuations émotionnelles sont des éléments qui peuvent influer négativement sur les comportements alimentaires. La grossesse est également une étape de vie qui comporte des risques pour le maintien de comportements alimentaires sains. Ainsi s’avère-t-il essentiel de mieux connaître les facteurs qui influent sur le comportement alimentaire à différentes étapes de la vie.

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
Discutant-e- de la session : Simone Lemieux
section icon Date : 9 mai 2022

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