pen icon Colloque
quote

Hervé de Nédellec sur la scientificité de la théologie : rejet de la subalternation thomasienne

GB

Membre a labase

Geneviève Barrette : Collège Ahuntsic

Résumé de la communication

Hervé de Nédellec prend activement part, au début du 14e siècle, à l’entreprise dominicaine de valorisation de la pensée de Thomas d’Aquin. Il diverge pourtant de son confrère sur certains points doctrinaux d’importance, notamment – c’est que je défendrai ici – sur la question de la scientificité de la théologie.

Pour Thomas et Hervé, la science au sens strict est une science démonstrative, c’est-à-dire une science qui procède de façon rigoureuse à partir de prémisses connues de façon évidente. Comme Dieu a une connaissance évidente de lui-même et que les prémisses de la théologie proviennent de la connaissance que Dieu a de lui-même (thèse de la subalternation de la théologie), Thomas conclut, dans la plupart des textes où il se prononce sur ce point, que la théologie est une science démonstrative. Hervé soutient au contraire que, puisqu’elle procède de prémisses qui ne nous sont pas connues de façon évidente, mais par la foi, la théologie ne saurait être considérée comme une science démonstrative.

Bien qu’Hervé admette que la théologie est une science dans un sens large et qu’elle est subalternée dans un certain sens, je ferai valoir que ces vraisemblables concessions ne l’empêchent pas de rejeter de façon ferme et répétée ce qui se présente comme l’élément central de la position thomasienne, soit le statut de science au sens propre de la théologie.

Résumé du colloque

Afin de faire écho au thème du 89e Congrès de l’Acfas, intitulé Sciences, innovations, sociétés, la Société de philosophie du Québec invite ses membres à réfléchir à la complexité et à la richesse des rapports (passés, présents et futurs) entre science, philosophie et société.

Érigées en champs de recherche autonomes, la philosophie et la science se sont développées de concert, nouant à chaque époque des rapports singuliers mais aussi changeants. Dans l’Antiquité, la philosophie s’institue en rupture avec l’opinion et coïncide avec la science en tant que quête de la vérité. À l’époque moderne, l’expression philosophie naturelle évoque encore l’idée selon laquelle la science et la philosophie relèvent d’une même entreprise intellectuelle.

Du tronc commun auquel elles appartenaient jusqu’alors, la physique, la chimie, la biologie et la psychologie s’autonomisent entre le 17e et le 19e siècle. Au 20e siècle, la phénoménologie et la philosophie analytique vont s’engager dans des voies qui opposeront frontalement science et philosophie. Néanmoins, dans le sillage du retour du naturalisme, les rapports entre la philosophie et les sciences empiriques seront une fois de plus appelés à se réinventer. Parfois envisagées comme étant « sur le même bateau », la science et la philosophie ont connu un nouveau rapprochement qui déboucha plus récemment sur l’idée d’une « philosophie expérimentale ».

Alors que la science est appelée à servir de fondement à la décision politique, réfléchir aux configurations qu’ont connues la science et la philosophie dans l’histoire de la pensée philosophique conduit à interroger de nouveau le rôle de la philosophie dans la science et dans la société plus largement. Comment et par quelles voies la philosophie peut-elle contribuer à la science? Inversement, qu’est-ce que la science peut amener à la philosophie, et comment décrire cet apport? Et comment ce dialogue pourrait-il enrichir la contribution de la philosophie aux grands débats de société?

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
news icon Thème du colloque :
Science, philosophie, société
section icon Date : 9 mai 2022

Découvrez d'autres communications scientifiques

news icon

Titre du colloque :

Science, philosophie, société

Autres communications du même congressiste :

news icon

Thème du colloque :

Science, philosophie, société