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Alexandra Lapierre : Université de Montréal
Problématique : L’environnement de simulation peut avoir un impact sur la charge cognitive, c’est-à-dire l’effort mental requis pour apprendre. Toutefois, son impact sur la charge cognitive des professionnels de la santé débutant en traumatologie à la salle d’urgence est inconnu. Cette étude visait donc à comparer l’impact de l’environnement de simulation en laboratoire et en in situ sur la charge cognitive des professionnels dans ce contexte.
Méthode : Des infirmiers, médecins et inhalothérapeutes avec <18 mois d’expérience en traumatologie ont été recrutés pour une étude avant-après à deux groupes (laboratoire vs in situ). Tous les participants ont pris part à deux simulations consécutives. Après chacune, un questionnaire d’évaluation de leur charge cognitive (intrinsèque et extrinsèque) et de leur sentiment d’apprentissage a été administré. Une analyse de la variance a été effectuée.
Résultats : Nous avons inclus 12 professionnels en laboratoire et 12 en in situ. Aucune interaction entre l’environnement de simulation et le temps sur la charge cognitive n’a été identifiée. Toutefois, la charge intrinsèque a diminué entre chaque simulation dans les deux groupes (p = 0,011). De plus, les professionnels ayant participé aux simulations en laboratoire ont eu l’impression d’avoir appris davantage que ceux en in situ (p = 0,025).
Retombées : Ces résultats permettront d’orienter les formateurs dans le développement de futures simulations pour les débutants en traumatologie.
Au cours des 20 dernières années, la simulation clinique a connu une progression fulgurante dans les programmes de formation des professionnels de la santé. Fondée sur des principes d’apprentissage expérientiel et situé, cette stratégie pédagogique vise à remplacer ou à amplifier une expérience réelle par une expérience guidée, immersive, interactive et réaliste. Les activités de simulation sont généralement très appréciées des apprenants et des apprenantes. Les résultats de recherche tendent aussi à appuyer leur efficacité pour l’apprentissage et le rehaussement de la qualité des soins.
Dans les milieux cliniques et universitaires, on assiste à une diversification des modalités et au développement d’innovations en simulation. Les formateurs et formatrices disposent aujourd’hui de technologies leur permettant de simuler des situations de soins dans différents contextes d’apprentissage. La réalité virtuelle ou des principes de gamification sont des innovations qui ont aussi fait leur apparition. Par ailleurs, la simulation n’est plus seulement réservée au domaine des soins critiques; elle est maintenant exploitée dans des spécialités variées, telles que la santé communautaire, la santé mentale ou la périnatalité.
Parallèlement, la recherche sur la simulation a connu une croissance fulgurante. En comparaison avec d’autres stratégies éducatives, une quantité importante de connaissances scientifiques appuient l’efficacité de la simulation pour favoriser le développement des compétences et améliorer la qualité des soins. Or, les chercheurs se questionnent de plus en plus sur les mécanismes qui sous-tendent ces effets et l’apport potentiel de différentes modalités de simulation. Il ne s’agit plus de déterminer si la simulation permet d’apprendre, mais bien de comprendre comment elle contribue au développement des compétences et comment optimiser son utilisation.
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