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Louise Dupraz : Université Savoie-Mont-Blanc
Se mouvoir et interagir dans l’environnement de manière adaptée nécessite de posséder une représentation corporelle fiable, intégrant les caractéristiques morphologiques du corps. Néanmoins, la représentation que l’on se fait de notre corps peut, dans certaines circonstances, dévier de la morphologie réelle de celui-ci (pathologies neurologiques ou psychiatriques, situations expérimentales). En ce sens, des protocoles en réalité virtuelle ont permis de mettre en évidence des phénomènes d’incorporation d’avatars dont les caractéristiques visuelles ou morphologiques dévient fortement du corps biologique. Au-delà de cette déviation expérimentale corps représenté / corps biologique, des comportements moteurs cohérents avec le corps virtuel apparaissent. Deux expériences réalisées en réalité virtuelle chez le sujet jeune et normo-pondéré ont investigué l’effet de l’incorporation d’avatars âgés ou obèses sur le comportement moteur mesuré en imagerie motrice. Les résultats confirment que les comportements moteurs représentés des sujets sont conformes à leurs croyances concernant la représentation corporelle induite par l’immersion dans le corps virtuel (stéréotypes négatifs relatifs aux compétences physiques des individus âgés ou obèses). Ces résultats sont cohérents avec les comportements moteurs observés chez les patients présentant une distorsion de la représentation corporelle par rapport au corps biologique, telle que dans l’anorexie mentale par exemple.
La perception qu’un individu se fait de son propre corps est multiple. Dans une perspective neuro-cognitive, les perceptions et les représentations corporelles seraient au minimum de deux sortes, c’est-à-dire l’image du corps d’un côté et le schéma corporel de l’autre.
L’image du corps renvoie à une représentation consciente de son corps qui regroupe les attitudes, les émotions envers ce dernier et provenant de celui-ci, associée à sa perception visuelle. Par exemple, penser ou imaginer son corps comme gros, en lien avec une insatisfaction corporelle. Le schéma corporel quant à lui renvoie à une représentation plus inconsciente de notre corps, support de l’action motrice, de la perception tactile. Par exemple, l’encodage et la perception correcte de notre morphologie nous permet de nous déplacer correctement dans notre environnement sans heurt.
Des altérations diffuses de ces perceptions corporelles sont observées dans divers contextes pathologiques (anorexie mentale, postchirurgie, douleur chronique, psychose) qui ne semblent pourtant pas directement liés les uns aux autres. Cela vient questionner le lien entre image du corps et schéma corporel, l’incidence qu’ont ces distorsions sur l’origine et le maintien de ces troubles, ainsi que la nécessité de mieux évaluer ces distorsions pour mieux les prendre en charge.
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