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Mamadou Diaw : Consultant Individuel
Au Sénégal, la case de santé (CdS), fruit d’un processus socio-historique et de l’évolution de la politique sanitaire, constitue la base de la pyramide sanitaire où elle est intégrée. Les ASC en constituent le noyau dur en ce qu’ils assurent son fonctionnement. Paradoxalement, les communautés arrivent difficilement à se l’approprier et se réfugient derrière l’intervention des ONG pour le pérenniser. Cela s’explique par plusieurs facteurs dont l’abandon ou le manque de motivation des ASC.
La compréhension des mécanismes et du processus de l’appropriation communautaire fait défaut et a motivé notre recherche qui est basée sur l’hypothèse selon laquelle les dynamiques de participation communautaire influencent l’appropriation de la CdS.
Au moyen d’une étude qualitative, empirique et exploratoire utilisant une stratégie d’étude de cas multiples, 3 cas ont été sélectionnés dans la région de Thiès. Nous avons collecté quatre types de données qualitatives : entretiens approfondis, focus groups, entretiens semi-structurés et observation directe. Une perspective relationnelle opérationnalisée par un cadre conceptuel large empruntant des concepts de la théorie Bourdieusienne et une approche socio-historique Eliasienne balisent la recherche. Les données ont été analysées au moyen de la théorisation ancrée utilisant un codage par niveaux d’abstraction progressive.
Les agents de santé communautaire (ASC) constituent un pilier essentiel dans la stratégie des soins de santé primaires (SSP) promulguée lors de la conférence d’Alma-Ata de 1978 (OMS, 1978). Plusieurs appellations et définitions sont données aux ASC ainsi qu’à leurs rôles et fonctions dans le monde. Une définition simpliste permet de les présenter comme des acteurs qui assurent la liaison entre la communauté et le système de santé et les services sociaux (Bhutta, Lassi, Pariyo et Huicho, 2010; Ofosu-Amaah, 1983). Il est aujourd’hui indéniable que les ASC constituent une réponse aux défis que posent l’insuffisance des ressources humaines en santé ainsi que leur distribution inéquitable dans les pays en développement. De fait, ils sont des acteurs incontournables pour améliorer l’utilisation des services de santé, renforcer la participation des communautés dans les décisions en lien avec leurs santé et bien-être et, dans une certaine mesure, activer des mécanismes de développement communautaire. En ce sens, plusieurs études ont établi la valeur ajoutée des ASC dans la réduction de la mortalité et de la morbidité liées à certaines maladies; l’amélioration de l’accessibilité des soins de santé et du renforcement des liens entre les communautés et les services de santé (Bhutta et al., 2010; Perry, Zulliger et Rogers, 2014).
Depuis 1978, le rôle des ASC a considérablement évolué. Ils fournissent des services de prévention et de promotion de la santé ainsi que des soins curatifs. Bien qu’ils soient une plus-value pour le système de santé, les ASC ne font pas partie de la pyramide sanitaire et leur statut professionnel demeure imprécis dans beaucoup de pays en émergence. Une ambiguïté qui pose plusieurs défis dans leurs rôles, leurs motivations, leurs performances, voire la pérennité des programmes d’ASC (Kok et al., 2015; Lehmann et Sanders, 2007; Schneider, Hlophe et van Rensburg, 2008).
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