Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Marie-Anne Casselot-Legros : Université Laval
Est-ce qu’il existe une façon genrée de se déplacer dans l’espace ? Je développerai la notion de déploiement spatial genré pour décrire deux intentionnalités spatiales. Comment se construit un rapport genré aux lieux ? Et quels effets les espaces genrés ont sur les subjectivités ? À partir d’un cadre théorique phénoménologique et sociologique, j’étudierai les aspects politiques des liens entre les subjectivités et les lieux. Les éléments de réponse se trouveront au travers de plusieurs œuvres étudiant des problématiques assez spécifiques entourant la condition féminine – que ce soit dans la motilité féminine des habitudes incarnées (Iris Marion Young), la réaction aux pratiques intrusives et violentes des hommes dans l’espace public (Fiona Vera-Gray et Marylène Lieber) ou bien la vigilance mentale requise pour les prévenir (Elsa Dorlin). J’examinerai le concept d’intentionnalité entravée chez Iris Marion Young pour ensuite développer la notion contraire d’intentionnalité appropriatrice. J’argumenterai qu’une socialisation « féminine » encourage une intentionnalité entravée et un développement moteur contraint tandis qu’une socialisation « masculine » encourage plutôt une intentionnalité appropriatrice. Ce faisant, les intentionnalités spatiales sont différenciées selon le genre et influencent corrélativement la prise d’espace par les sujets géographiques et incarnés.
Afin de faire écho au thème du 89e Congrès de l’Acfas, intitulé Sciences, innovations, sociétés, la Société de philosophie du Québec invite ses membres à réfléchir à la complexité et à la richesse des rapports (passés, présents et futurs) entre science, philosophie et société.
Érigées en champs de recherche autonomes, la philosophie et la science se sont développées de concert, nouant à chaque époque des rapports singuliers mais aussi changeants. Dans l’Antiquité, la philosophie s’institue en rupture avec l’opinion et coïncide avec la science en tant que quête de la vérité. À l’époque moderne, l’expression philosophie naturelle évoque encore l’idée selon laquelle la science et la philosophie relèvent d’une même entreprise intellectuelle.
Du tronc commun auquel elles appartenaient jusqu’alors, la physique, la chimie, la biologie et la psychologie s’autonomisent entre le 17e et le 19e siècle. Au 20e siècle, la phénoménologie et la philosophie analytique vont s’engager dans des voies qui opposeront frontalement science et philosophie. Néanmoins, dans le sillage du retour du naturalisme, les rapports entre la philosophie et les sciences empiriques seront une fois de plus appelés à se réinventer. Parfois envisagées comme étant « sur le même bateau », la science et la philosophie ont connu un nouveau rapprochement qui déboucha plus récemment sur l’idée d’une « philosophie expérimentale ».
Alors que la science est appelée à servir de fondement à la décision politique, réfléchir aux configurations qu’ont connues la science et la philosophie dans l’histoire de la pensée philosophique conduit à interroger de nouveau le rôle de la philosophie dans la science et dans la société plus largement. Comment et par quelles voies la philosophie peut-elle contribuer à la science? Inversement, qu’est-ce que la science peut amener à la philosophie, et comment décrire cet apport? Et comment ce dialogue pourrait-il enrichir la contribution de la philosophie aux grands débats de société?
Titre du colloque :
Thème du colloque :