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Nathalie Bissonnette : Université Laval
La communication met en lumière l’apport de la Situational Analysis pour étudier, dans une perspective féministe poststructuraliste, le processus de constitution sociale et institutionnelle de la représentation des hommes et de la masculinité en prévention de la violence conjugale au sein d’espaces publics intermédiaires institutionnels et civils, un objet de recherche non étudié au Québec. En mettant au point l’analyse situationnelle, Adele E. Clarke actualise la méthodologie de la théorisation enracinée (MTE) traditionnelle et son approche « actioncentrique ». Ce décentrement conceptuel passe par l’analyse de divers éléments – dont des discours (narratif, visuel et historique) – dans la foulée des réflexions théoriques poststructuralistes du philosophe Michel Foucault sur le discours comme élément structurant de la société (2003; 2005, cités dans Clarke et Charmaz, 2019). Cette méthode s’effectue en dressant des cartes de divers éléments pour dévoiler le « caractère agissant de la situation » à travers le temps (Clarke et Charmaz, 2019). Seront présentés des éléments repérés sur le terrain (discursif, historique, culturel, politique, symbolique, humain ou non); les organisations québécoises participant au débat public et leurs territoires d’action respectifs; les idées défendues et passées sous silence; des fragments de sens à propos du masculin (et du féminin), et ce, depuis l’élaboration des premières politiques gouvernementales jusqu’aux plus récents plans d’action.
Les études féministes et de genre contribuent depuis leur émergence à enrichir le milieu québécois de la recherche. Elles se caractérisent aujourd’hui par un foisonnement impliquant de nouvelles avenues de recherche. Les chercheur·euse·s de différentes disciplines mobilisent des outils théoriques et des méthodes de recherche féministes divers. Si le champ des études féministes et de genre se présente comme étant dynamique et prolifique, il est toutefois dispersé parmi plusieurs disciplines et institutions. Il devient alors impératif de constituer de manière récurrente des espaces qui permettent de prendre acte du panorama des travaux théoriques et empiriques en études féministes et de genre et de témoigner de la richesse de la production scientifique au sein de la communauté de recherche professorale et étudiante, et de l’apport des milieux de pratique et militants.
Le colloque proposé constitue un espace au carrefour duquel seront mis en lumière des enjeux qui (re)traduisent la structure concrète et symbolique des différents systèmes d’oppression, dont le patriarcat. Certains objets de recherche plus classiques articulés autour des violences de genre, des représentations culturelles et des discours, du langage et de l’écriture ou encore de l’écoféminisme, sont toujours étudiés. Ceux-ci sont revisités avec des outils théoriques et méthodologiques hérités des débats traversant notamment le champ des études féministes et de genre. D’autres objets de recherche voient le jour à la faveur de disciplines émergentes comme la philosophie pour enfants, les études queer, les perspectives décoloniales, la théorie animée du cinéma d’animation. Enfin, des milieux de pratique et militants embrassent des postures féministes aux fins de mobilisation organisationnelle, comme c’est le cas dans le domaine de la musique au Québec. Ces enjeux seront donc au cœur du colloque « Focus sur de nouvelles avenues en recherche féministe ».
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