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Élizabeth Harvey : Université Sainte-Anne
L’inclusion scolaire signifie pour les professionnels des milieux éducatifs d’accueillir et de valoriser l’unicité de chaque apprenant (Prud’homme et al., 2016). Toutefois, les enfants n’arrivent pas à l’école avec la même égalité des chances. Certains, en raison de leurs dispositions tempéramentales peuvent être à risque de développer des relations élève-enseignant de faible qualité et conséquemment être privés d’une ressource importante (McGrath et Van Bergen, 2015). Pourtant, très peu d’études ont examiné les liens entre le tempérament de l’élève et l’évolution de la relation élève-enseignant au cours de la période scolaire primaire. Réalisée à partir de 744 élèves du primaire, les résultats de cette étude montrent que le tempérament est un robuste prédicteur des patrons de relations que l’élève développe avec ses enseignants. Dans l’ensemble les résultats suggèrent que les enfants dont les dispositions tempéramentales ne sont pas en harmonie avec les exigences de l’école (par exemple, impulsivité, timidité) sont plus à risque de développer des relations de faible qualité avec leurs enseignants (mesurée sur une période de 6 ans). Éduquer les professionnels des communautés scolaires sur l’influence du tempérament dans le développement de la qualité de la relation élève-enseignant est une avenue prometteuse (Rudasill et al., 2020) et accessible d’intervention pour contribuer à l’équité en contexte scolaire.
Depuis quelques décennies, le Canada tend vers le développement de systèmes éducatifs ancrés dans un paradigme d’éducation inclusive, chacune des provinces étant à des étapes différentes de ce processus (LISIS, 2012). Ce dernier vise à répondre de façon équitable aux besoins des élèves en étant inclusif de leurs diversités (ex. : situation de handicap, diversité socioculturelle, linguistique, de genre, etc.) (Potvin, 2014), le personnel enseignant occupant un rôle central dans ce processus (Fortier et al., 2018).
Ainsi, dans son emploi, le personnel enseignant est amené à assumer des tâches qui varient selon les réalités et les parcours diversifiés de leurs élèves (Mukamurera et al., 2019). Néanmoins, ces tâches plurielles peuvent parfois alimenter un haut taux de stress vécu par plusieurs au quotidien (TALIS, 2018). La lourdeur du travail enseignant, pouvant être perçue d’un point de vue quantitatif (ex. : nombre de tâches assumées) et qualitatif (ex. : ressources nécessaires), a fréquemment été étudiée (voir Tardif, 2013). Si plusieurs régions dans le monde observent ces phénomènes (García-Arroyo et al., 2018), le Canada n’y fait pas exception. Par ailleurs, la pandémie de COVID-19 a contribué à ébranler la santé mentale du personnel enseignant déjà fragilisée (Sokal et al., 2020).
Afin de favoriser le bien-être du personnel enseignant ainsi que la mise en place d’une éducation inclusive, plusieurs écrits soulignent la nécessité de s’appuyer sur la responsabilité collective de la communauté éducative (CSE, 2017 et 2020). Le présent colloque vise à créer une vue prismatique sur divers environnements et stratégies susceptibles de soutenir le travail enseignant dans des sociétés qui tendent vers l’éducation inclusive : par le milieu scolaire, la communauté ou les familles, par les pratiques ou les dispositifs mis en place dans la classe, par la formation initiale et continue, et ce, dans différents contextes de la francophonie canadienne.
Le corpus de recherches qui superpose les enjeux du bien-être et du travail enseignants, ainsi que l’éducation inclusive en dépassant le champ de l’adaptation scolaire, en englobant toutes les diversités des élèves (Bauer et al., 2019) est ténu. Si ces deux thématiques sont étudiées dans divers contextes particuliers, elles ne sont que rarement abordées dans une perspective pancanadienne. Ainsi, nous souhaitons favoriser une réflexion commune entourant la question suivante : comment être inclusifs au vu des besoins de chacun des élèves sans se sentir dépassés par le travail que cela semble représenter? En ce sens, avec les pénuries actuelles du personnel scolaire qui sévissent dans la francophonie canadienne (Sirois et al., 2021), il paraît nécessaire de s’appuyer sur les ressources déjà présentes dans chacun des milieux scolaires afin de soutenir le travail enseignant dans la mise en place d’une éducation inclusive.
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