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Le fondement relationnel des éthiques environnementales

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Hugo Cardinal : Université de Montréal

Résumé de la communication

L’origine anthropique de la crise environnementale requiert un changement du rapport délétère que nous entretenons à l’égard de la nature. Face à l’urgence, les éthiques environnementales cherchent à repenser dans un cadre normatif les relations présentes entre les êtres humains et leur environnement naturel. Or, repenser ces relations exige de connaitre au préalable quelle est la nature de celles-ci. Par le passé, la prédominance du modèle mécaniste en biologie a mené à assimiler les organismes à des machines et à concevoir les relations comme leur étant extérieures. Contre cette vision réductrice, des philosophes se sont tournés vers des travaux en écologie reconnaissant l’interconnectivité du vivant en raison de relations internes affectant la nature même des êtres vivants. Malgré l’opposition entre ces conceptions, on retrouve chez plusieurs philosophes élaborant une éthique environnementale à partir de l’interconnectivité du vivant le recours aux relations externes dans leurs explications. Le but de cette communication sera d’offrir une explication à cette apparente contradiction. En reprenant la distinction formulée par Arne Næss entre écologie superficielle et profonde, je soutiendrai que la reconduction de positions philosophiques retrouvées en biologie à la sphère des éthiques environnementales permet à la fois d’expliciter le rôle fondamental des relations et de résoudre la contradiction que l’on y retrouve.

Résumé du colloque

Afin de faire écho au thème du 89e Congrès de l’Acfas, intitulé Sciences, innovations, sociétés, la Société de philosophie du Québec invite ses membres à réfléchir à la complexité et à la richesse des rapports (passés, présents et futurs) entre science, philosophie et société.

Érigées en champs de recherche autonomes, la philosophie et la science se sont développées de concert, nouant à chaque époque des rapports singuliers mais aussi changeants. Dans l’Antiquité, la philosophie s’institue en rupture avec l’opinion et coïncide avec la science en tant que quête de la vérité. À l’époque moderne, l’expression philosophie naturelle évoque encore l’idée selon laquelle la science et la philosophie relèvent d’une même entreprise intellectuelle.

Du tronc commun auquel elles appartenaient jusqu’alors, la physique, la chimie, la biologie et la psychologie s’autonomisent entre le 17e et le 19e siècle. Au 20e siècle, la phénoménologie et la philosophie analytique vont s’engager dans des voies qui opposeront frontalement science et philosophie. Néanmoins, dans le sillage du retour du naturalisme, les rapports entre la philosophie et les sciences empiriques seront une fois de plus appelés à se réinventer. Parfois envisagées comme étant « sur le même bateau », la science et la philosophie ont connu un nouveau rapprochement qui déboucha plus récemment sur l’idée d’une « philosophie expérimentale ».

Alors que la science est appelée à servir de fondement à la décision politique, réfléchir aux configurations qu’ont connues la science et la philosophie dans l’histoire de la pensée philosophique conduit à interroger de nouveau le rôle de la philosophie dans la science et dans la société plus largement. Comment et par quelles voies la philosophie peut-elle contribuer à la science? Inversement, qu’est-ce que la science peut amener à la philosophie, et comment décrire cet apport? Et comment ce dialogue pourrait-il enrichir la contribution de la philosophie aux grands débats de société?

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
news icon Thème du colloque :
Science, philosophie, société
section icon Date : 9 mai 2022

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Titre du colloque :

Science, philosophie, société

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Thème du colloque :

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