Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Bastien Roques : Université Bordeaux Montaigne
Nous proposons dans cette contribution de réfléchir sur le concept de pouvoir symbolique. Élaboré comme tel par le sociologue français Pierre Bourdieu au travers d’une œuvre marquée par son ouverture sur l’ensemble des sciences sociales, ce concept a été appliqué à de nombreux objets d’étude et concentre encore aujourd’hui de fertiles perspectives de recherche. Fortement influencé par les travaux du philosophe Ernst Cassirer, Pierre Bourdieu a perçu les agents sociaux comme des « animaux symboliques ». Dans cette perspective, le pouvoir symbolique est le pouvoir que des agents sociaux exercent sur d’autres dans l’imposition et dans la transformation de perceptions via la médiation de signes. Appréhendé comme tel, ce concept engage tout un programme de recherche dans l’analyse des signes, y compris ceux spécifiquement linguistiques, perçus comme étant les vecteurs de pouvoir symbolique sous réserve que certaines conditions sociales soient réunies.
Les études sémiotiques et l’anthropologie connaissent des recoupements disciplinaires évidents, qui ne sont toutefois pas toujours reconnus ou travaillés comme tels. Toutes deux constituent des champs disciplinaires très vastes, qui comprennent des sous-domaines d’étude relativement autonomes, dont l’objet est dans tous les cas multiforme. Si l’anthropologie étudie l’humain, les sociétés et les cultures humaines, elle multiplie pour ce faire ses focales, ses méthodes, ses approches et ses visées, se penchant tant sur le processus biologique d’hominisation et les vestiges archéologiques des sociétés passées que sur la dimension symbolique et les diverses pratiques inhérentes aux cultures et sous-cultures contemporaines. De leur côté, les études sémiotiques traitent des signes et des médiations au moyen desquels les êtres vivants communiquent, interprètent et organisent le monde symbolique et pratique dans lequel ils évoluent au quotidien. En restreignant l’objet de la sémiotique à la sphère d’influence de l’activité humaine, et en considérant l’activité signifiante comme base de toute interaction humaine, nous posons que signe et sens commun forment un seuil pour l’étude des pratiques et des cultures humaines. Mais encore faut-il montrer la pertinence d’établir un seuil aussi fondamental. Ce colloque invite les chercheurs·euses œuvrant en sémiotique, en anthropologie (ou disciplines connexes : ethnologie, linguistique, sociologie, arts et lettres, communication, etc.) à venir partager l’état de leurs recherches et travaux sur les signes humains. Nous intéressent : les pratiques sémiotiques ordinaires, politiques ou artistiques, et plus largement les systèmes de signes, de croyances et l’implication des axiologies sur les échanges et la circulation des biens symboliques dans l’espace public, au sein des groupes humains et des cultures, les méthodes d’enquête en vue d’étudier de tels phénomènes aussi bien que les excursions théoriques qui en découlent.
Titre du colloque :