Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Catherine Bégin : Université Laval
L’acte de manger est souvent décrit comme étant simple, facile et même très plaisant. C’est d’ailleurs, l’image que nous projette l’univers télévisuel avec ses différentes émissions de cuisine. Pour certaines personnes, par contre, cette relation à la nourriture est beaucoup plus éprouvante et difficile; ces dernières rapportent alors des comportements alimentaires restrictifs, rigides et/ou désinhibés, impulsifs, compulsifs. La littérature démontre clairement que le sentiment de perte de contrôle sur la prise alimentaire est associé à beaucoup de souffrance, dont la honte. C’est fréquemment un motif pour initier une demande d’aide. La présente conférence tentera de décrire le rapport à la nourriture chez une clientèle qui consulte pour des préoccupations à l’égard du poids et de l’alimentation tout en comparant les personnes qui présentent un trouble alimentaire franc, de celles qui n’en présentent pas. Nos données indiquent clairement une aggravation des comportements alimentaires selon la présence d’un diagnostic de trouble alimentaire (plus de désinhibition, susceptibilité à la faim, grignotage, accès hyperphagiques, addiction alimentaire). Également, différents facteurs psychologiques associés à ces comportements alimentaires problématiques seront examinés, dont le tempérament, les affects négatifs et la régulation émotionnelle. Un modèle sera proposé, suivi d’une discussion sur les enjeux cliniques entourant le comportement alimentaire dysfonctionnel.
On connaît bien les liens qui existent entre la qualité de l’alimentation et la santé. On sait par ailleurs que la saine alimentation ne se mesure pas uniquement par la qualité nutritionnelle des aliments qu’on ingère. La manière de se comporter envers les aliments est également un élément essentiel à considérer lorsqu’on s’intéresse aux facteurs qui favorisent la santé physique et mentale.
Les comportements alimentaires sont influencés par des besoins physiologiques, mais également par des besoins psychologiques et sociaux. Certaines personnes sont caractérisées par des comportements alimentaires flexibles et intuitifs qui s’adaptent à différents contextes. Pour d’autres, la rigidité, l’impulsivité, la préoccupation excessive envers les aliments et la détresse caractérisent leurs comportements alimentaires, ce qui ouvre la porte au développement de certains troubles de conduites alimentaires. L’anorexie, la boulimie et les accès hyperphagiques sont des troubles médicalement reconnus. Certains autres problèmes tels que l’orthorexie et la « mommyrexie » ne possèdent pas de critères diagnostiques officiels, mais sont tout de même extrêmement préoccupants.
La relation entretenue avec la nourriture et l’acte de manger se développe tout au long de la vie et est influencée par différents contextes. Par exemple, l’introduction de nouveaux aliments chez les enfants et les tensions que cela peut générer au sein des familles peut rendre plus difficile l’atteinte d’une relation agréable avec la nourriture. À l’adolescence, l’influence des pairs, l’insatisfaction corporelle et les fluctuations émotionnelles sont des éléments qui peuvent influer négativement sur les comportements alimentaires. La grossesse est également une étape de vie qui comporte des risques pour le maintien de comportements alimentaires sains. Ainsi s’avère-t-il essentiel de mieux connaître les facteurs qui influent sur le comportement alimentaire à différentes étapes de la vie.
Titre du colloque :
Thème du colloque :